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Mais le journalisme doit faire face aux dures lois de la réalité dans ce monde moderne. On le sait tous : la presse informe, déforme, ment, tronque, censure, occulte, sert ceci, dessert cela, désinforme, promotionne, diabolise, gueule, chiale, dénonce, tait, traque. Mais au nom de qui et de quoi me direz-vous ? Car le journaliste est lié indéfiniment, pour survivre économiquement et professionnellement, à une logique commerciale implacable et à un mental d’esclave. Les annonceurs (la publicité) et les investisseurs (les actionnaires) par leur puissance de rétorsion font la loi et donne le la. Quel journaliste travaillant dans la presse, dans les mass medias peut-il encore se prétendre en totale indépendance intellectuelle ?
Lu sur le site internet : http://www.salutpublic.fr/
"Il y a une célèbre déclaration lapidaire qui a le mérite de remettre les choses au point vis-à-vis de cette enclave de maîtres et d’esclaves serviles. Voici ce que pense John Swinton de l’indépendance de la presse :
“Il n’y a pas de meilleure chose, à cette date de l’histoire du monde, que la presse indépendante. Vous le savez et je le sais. Il n’y a pas un seul d’entre vous qui ose écrire son opinion honnêtement, et si vous vouliez le faire, vous savez d’avance que cela ne sera jamais imprimé.”
Je suis payé chaque mois pour garder mes opinions honnêtes en dehors du journal avec lequel je travaille. D’autres parmi vous sont payés avec des salaires comparables pour les mêmes choses, et n’importe lequel d’entre vous qui serait assez fou pour écrire ses opinions honnêtement sait qu’il se retrouverait sur le pavé à chercher un nouveau travail.
Si je me permets de donner honnêtement mon opinion dans une des parutions de mon journal, dans les vingt quatre heures j’aurai perdu mon boulot.
Le travail du journaliste est de détruire la vérité : de bien mentir, de pervertir, de vilifier, de se prosterner aux pieds de Mammon, et de vendre son pays pour son pain quotidien.
Vous savez cela, et je le sais aussi, quelle idiotie de vouloir porter un toast à la presse indépendante. Nous sommes les outils et les vassaux d’hommes riches dans la coulisse. Nous sommes des marionnettes, ils tirent les ficelles et nous dansons. Nos talents, nos possibilités et nos vies appartiennent entièrement à d’autres.
Nous sommes des prostituées intellectuelles.
Déclaration de John Swinton [1] au cours de son dîner de départ à la retraite avec le New York Press Club en 1880, après qu’on l’ait invité à "...porter un toast à la presse indépendante."
Les journalistes paradent pour convaincre le petit peuple de leurs sagesses innees. Cette mascarade ne trompe que les malvoyants et les hypocrites. Patschef