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Homme d'aujourd'hui

posted 7 Jan 2009

Brigitte Breton, une éditorialiste ignorante, malhonnête intellectuellement ou tout simplement incohérente ?

 

 

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Cette éditorialiste du journal Le Soleil  a démontré hors de tout doute, dans son éditorial du 3 janvier 2009, qu’elle est soit, totalement ignorante de ce dont elle parle, ou malhonnête intellectuellement, ou tout simplement incohérente. Dans les trois cas, elle devrait être sanctionnée par la direction  et se voir retirer le privilège d’écrire dans la page éditoriale.  Il y a des limites à ce qu’un quotidien à grand tirage véhicule sans répit, par son intermédiaire, l’intégrisme féministe tout en bloquant systématiquement toute analyse qui la remet en cause. Dans ce texte intitulé «Admission à deux vitesses»  elle pose la question de savoir s’il convient de favoriser l’admission des garçons  dans les facultés de médecine du Québec étant donné que les filles y sont maintenant majoritaires à près de 70 % dans les trois universités francophones mais à 58,*% à McGill.

Elle énumère, d’abord, les motifs invoqués pour instaurer l’égalité: la féminisation de la profession accentue la pénurie de médecins; - la forte présence des femmes risque de dévaloriser la profession ou, du moins, de la limiter à la sphère de la pratique, alors qu'elle comprend aussi le volet de la recherche et de l'implication sociale et syndicale; la proportion d'hommes et de femmes en Médecine doit être la même que dans la population.-  C’est très incomplet  mais, dans les circonstances,  nous allons nous en contenter.

Elle énonce, ensuite, les raison pour lesquelles il ne faut pas favoriser l’admission des garçons : une admission à deux vitesses envoie un bien drôle de message aux jeunes garçons et aux jeunes filles; il faudrait d'abord savoir ce qui explique la. désaffection des hommes… avant d'inciter les gars à se trainer les pieds; réserver la moitie des places aux garçons signifie que les filles devront fournir encore plus d'efforts pour être choisies, alors que des gaons auront une place garantie avec des résultats moindres; on nuit aux garçons  agissant de la sorte; c'est conclure qu'ils sont incapables de faire face à la concurrence des filles; ce serait  en faire des étudiants en médecine de seconde classe; ce n'est pas ainsi que l'on valorise une profession; il est aussi hasardeux de croire que la parité garantira que les futurs toubibs travailleront plus d'heures par année que leurs consœurs, même si les femmes accouchent, il n'appartient pas qu'à elles d'assumer les responsabilités familiales par la suite, les papas prennent d'ailleurs de plus en plus des congés parentaux, il est aussi fini le  temps ou Monsieur le docteur avait une femme à la maison pour s'occuper de tout, bref l’admission dans une faculté doit continuer de se faire selon les mêmes critères, inpendamment du sexe.

Nous serions totalement en accord avec les raisons invoquées par Mme Breton  si elle les appliquait également aux filles et aux femmes lorsqu’elles sont en situation minoritaire. Or, elle devrait savoir que, depuis un bon moment, ces dernières ont, grâce aux pressions exercées par le lobby féministe sur des gouvernements très portés sur le racolage électoral auprès de«cette moitié de la population», bénéficié de privilèges éhontés sur plusieurs plans, justement en prétendant vouloir atteindre l’égalité.

Ignorante ?

Comment Brigitte Breton peut-elle ignorer que :

(1)  les universités québécoises ont adopté, il y a de çà depuis déjà plusieurs décennies et  généralement dans le plus grand secret, un règlement qui assure une admission égale aux filles et aux garçons, c’est-à-dire concrètement, qui a fait en sorte que des garçons ont été refusés à l’admission pour permettre à des filles d’entrer dans diverses facultés, principalement celles qui avaient une forte majorité masculine. Un deux vitesse grand V. Est-il besoin de rappeler que ce  que l’on a appelé le Drame de Polytechnique  (6 décembre 1989) avait comme source ce privilège instauré en faveur des filles à la fin des années 1980. En 2004, Pierre Simonet, Directeur au vice-rectorat à la planification de l'Université de Montréal. 1 nous apprenait que même si 71% des étudiants en médecine, 70 % des étudiants en droit et 63% de l'ensemble des inscriptions au premier cycle étaient des femmes, cette université maintenait un programme d'accès à l'égalité qui oblige les départements qui n'ont pas une féminisation à 50% de mettre en place un plan à cet effet. Un tel plan prévoyait qu'entre deux candidats à qualité égale, la préférence devait être accordée à la femme. «Cela a permis de sensibiliser les doyens à cette question», dira-t-il, béatement réjoui.  Quelque temps après Nicole Hamel, 2 vice-rectrice adjointe à  l’enseignement à  l’Université de Montréal, s’est demandé, hypocritement, «si on voulait vraiment» modifier le processus d’amission et  déclare que, de toute manière, l’Université est impuissante parce ce que chaque faculté est responsable de ses admissions ;

(2) -- le ministère de l’Éducation  a instauré en 1995 et maintient toujours le concours Chapeau, les filles qui  a pour but de favoriser la diversification des choix de carrière des jeunes filles et des femmes et d'encourager celles qui sortent des sentiers battus à persévérer jusqu'à l'obtention de leur diplôme- en clair pour inciter les fi8lles à envahir les disciplines traditionnellement masculines-  Le concours se tient dans toutes les régions du Québec et s'adresse aux étudiantes en formation professionnelle au secondaire ou en formation technique au collégial. Les étudiantes du niveau universitaire, pour leur part, peuvent participer au volet Excelle Science du concours. Ce concours permet l'attribution de prix régionaux et de prix nationaux; http://www.mels.gouv.qc.ca/chapeau/

(3) – le gouvernement Lévesque a mis au point dès, 1978, un programme visant à embaucher des femmes et à promouvoir de manière préférentielle dans la Fonction publique. Il était intitulé «Égalité et indépendance» (un emprunt de mauvais goût à un slogan de politique constitutionnelle de l'Union nationale- «égalité ou indépendance»). Il fut suivi de la «politique d'égalité en emploi pour les femmes» en 1980 et il  a été renouvelé périodiquement depuis lors  même si les femmes forment plus de 60% du personnel;

(4) – le gouvernement Bouchard a adopté en 2000 la Loi sur l’accès à l’égalité en emploi dans les organismes publics qui étend à l’ensemble de ces organismes (établissements de santé d’éducation, municipalités), loi encore en vigueur  les mêmes préférences d’embauche et de promotion pour les femmes  même si elles y sont majoritaires à 70% ;

(5) – le gouvernement Bouchard a adopté en 1996, le gouvernement Landry a confirmé en 2001 la Loi sur l’équité salariale qui accorde aux femmes un salaire égal à celui des catégories d’emplois masculines équivalentes les mieux rémunérées mais prohibe l’équivalence inverse;  et que le gouvernement Charest l’a maintenue en 2007 et a versé rétroactivement, en vertu de ce programme,  plus de 8 milliards de dollars, de 2001 à 2010, aux seules  employées des secteurs public et parapublic en plus de leur verser des sommes presque égales au chapitre de la relativité salariale   (un total de 16 milliards$) et ce, tout en privant les employés des mêmes secteurs de toute augmentation de salaire durant deux ans;

(6) – du gouvernement Bouchard renouvelé chaque année depuis 1999 le programme « À égalité pour décider», à  la hauteur de $1 million par année  pour faciliter l’élection de femmes dans les diverses instances publiques

 (7) – le gouvernement Charest  a instauré en 2006 le paritarisme dans les conseils d’administration des sociétés d’État  - échéance 2111-  c’est-dire un nombre égal de femmes indépendamment de la qualité des personnes puisque le pourcentage de femmes ayant de l’expérience dans la direction d’entreprises est encore très loin du 20%

(8) – le gouvernement  Charest a établi en 2007 le paritarisme dans la composition du Conseil des ministres c’est- à-dire indépendamment de la qualité des personnes puisque le pourcentage de femmes députés est seulement de 30% ?

Malhonnête intellectuellement ou incohérente ?

Nous disons que Mme Breton est malhonnête intellectuellement ou incohérente parce, sans aller jusqu’à citer tous les éditoriaux dans lesquels elle épouse la cause féministe, nous pouvoir en citer quelques uns où elle a accordé son appui  à des mesures de discrimination positive en faveur des femmes et parce qu’elle est d’accord avec une nouvelle définition de l’égalité qui permet aux  femmes, et seulement à elles, d’être majoritaires tout en continuant d’être victimes de discrimination..

(1) À propos du paritarisme  au Conseil des ministres, du paritarisme dans les conseils d’administration  des sociétés d’État et de l’équité salariale : « Le choix du premier ministre prouve que la députation lui permettait d'opter pour la parité sans rogner sur la qualité et la solidité de l'équipe ministérielle. C'est un modèle qu'il offre à la société québécoise. C'est un modèle qui devra inspirer ses successeurs. C'est aussi un modèle pour les femmes qui voient le Parlement comme une simple arène de gars (…) En faisant une plus grande place aux femmes, Jean Charest applique aussi ce qu'il a exigé des sociétés d'État. D'ici décembre 2011, les conseils d'administration des sociétés d'État devront en effet être constitués à parts égales de femmes et d'hommes. Il s'imposait que le premier ministre donne l'exemple. Comme il fallait que son gouvernement règle le dossier de l'équité salariale avec ses employés pour inciter le secteur privé à accélérer le pas en la matière ». 3

Mme Breton doit savoir que les femmes ne forment que le tiers des députés, que les femmes d’expérience ne sont pas en nombre suffisant pour combler les postes des c.a  et que l’équité salariale est appliquée au détriment des hommes et est à sens unique.

(2) :À propos de la politique de l’égalité de fait adoptée par le même gouvernement Charest ««Il y a des inégalités de fait qui doivent être corrigées par les mesures gouvernementales». 4 Elle écrit encore de manière trop cynique pour être inconsciente  «La politique est aussi bienvenue du fait qu’elle dépasse la condition féminine. Elle s’adresse aux garçons et aux hommes victimes des stéréotypes, qui ne savent plus trop comment évoluer dans une société où les femmes prennent de plus en plus de place et exigent un partage équitable des tâches domestiques et d’éducation.» On ne peut, d’un côté, se réjouir que les filles soient de plus en plus nombreuses, voir majoritaires, dans certaines facultés universitaires, et de l’autre rester insensible au fait que les garçons décrochent  de l’école secondaire deux fois plus que les filles».

Mme Breton doit savoir que cette politique établit essentiellement  des privilèges au profit des femmes et, logiquement, aux dépens des hommes.

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Malheureusement, en 2008,  Brigitte Breton ne croit toujours pas qu’il y aurait lieu de favoriser l’admission des garçons en médecine pour rétablir une égalité de fait. Elle n’a pas encore établi  le lien entre le décrochage des gars et le fait qu’ils savent que, peu importe les efforts qu’ils mettent, les filles seront admises de préférence. Cela fait maintenant des décennies que ce message leur est lancé, et elle a beau sous estimer leur intelligence il est  manifeste qu’ils l’ont  compris. Aucune féministe n’a encore eu la décence de réclamer la fin de  l’admission préférentielle des filles parce que cela faisait assez longtemps que «l’on jugeait les femmes incapables de faire face à la concurrence des garçons et que l’on produisait des étudiantes en médecine de seconde classe».

Il est inadmissible qu’un quotidien comme Le Soleil  épouse une vision aussi déséquilibrée de la société québécoise. Nous allons le dénoncer aussi longtemps que nécessaire.

___

(1) Le Devoir, 6 mars 2004 p. G-8

(2) La Presse 16 juillet 2005 p. A-16

(3) Le Soleil 22 avril 2007 p. 22

(4) Le Soleil, 18 décembre 2006 p. 24 `«L’égalité des sexes»

 

http://www.hommedaujourdhui.ca/brigitte_breton,une%20editorialiste%20.htm

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