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France Africaine

posted 25 Oct 2007
Il tue un codétenu et lui mange la cervelle

Les détenus et les surveillants de la prison de Saint-Maur (Indre) sont sous le choc. Dimanche soir, ils sont plusieurs à avoir assisté à un meurtre d'une sauvagerie incroyable. Ahmed B., un prisonnier de 36 ans, a fracassé le crâne d'un codétenu avant de commencer à lui manger la cervelle avec les mains.

L'agresseur, déjà condamné en mars 2000 par les assises de la Corrèze à trente ans de réclusion criminelle pour des faits accompagnés d'actes de torture et de barbarie, a été mis en examen pour meurtre accompagné d'actes de barbarie. Il a été transféré dans une unité pour malades difficiles de l'est de la France. 
                                     « Mon fils n'arrive plus à dormir » 
  :  
L'agression s'est déroulée pendant la distribution des repas, une tâche assurée par deux détenus assistés de deux surveillants. Lorsqu'ils ont ouvert la porte de la cellule individuelle d'Ahmed B., ce dernier s'est jeté sur eux, armé d'un cendrier en terre qu'il avait confectionné. « Il était dans un état de folie incroyable, rapporte Thierry Foucher, délégué syndical local de l'Ufap (syndicat de surveillants de prison). Il a tenté d'agresser un surveillant qui a pris la fuite avec son collègue pour prévenir les secours. Il s'est ensuite acharné sur les deux détenus. » Le premier a été blessé au visage. Le second, un homme d'une soixantaine d'années, n'a pas survécu aux coups. L'agresseur a alors entrepris de manger la cervelle de sa victime, avant d'être maîtrisé par les secours. Deux cellules d'aide psychologique ont été mises en place pour soutenir les détenus et les surveillants traumatisés. « Mon fils n'arrive plus à dormir », nous a confié la mère d'un prisonnier. « Plusieurs collègues sont en arrêt de travail », ajoute Thierry Foucher. Ahmed B. avait été condamné en mars 2000 par la cour d'assises à Tulle après le meurtre d'une femme dans les rues de Brive. L'acte avait été qualifié d'« épouvantable ». Les jurés n'avaient mis que deux heures à condamner cet homme jugé responsable de ses actes. Incarcéré à la centrale de Saint-Maur depuis septembre 2001, Ahmed B. faisait l'objet d'un suivi psychiatrique. Il n'avait jusque-là jamais adopté de comportement violent au sein de la centrale. Il aurait néanmoins interrompu son traitement psychiatrique depuis peu. « Nous ne sommes pas capables de prendre en charge de tels détenus, assène Thierry Foucher. Il faudrait mettre en place des établissements spécialisés. » Même revendication chez la mère d'un détenu. « Mon fils connaissait ce prisonnier, il avait l'air malsain, explique-t-elle. Après ce qu'il a fait, c'est incroyable qu'on ait pu l'incarcérer avec d'autres. Il aurait très bien pu s'en prendre à mon fils. »

Timothée Boutry  
Le Parisien , vendredi 09 juillet 2004

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