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Remember, democracy never lasts long. It soon wastes, exhausts, and murders itself. There never was a democracy yet that did not commit suicide. – John Adams (1814)

Le cas des CHIENNES DE GARDE qui n'aboient plus

6 Nov 2009

Le cas des CHIENNES DE GARDE qui n’aboient plus

La France brûle. Depuis dix jours, de jeunes terroristes musulmans sèment le désordre, l’anarchie et l’incendie.Le président Jacques Chirac émerge de sa convalescence pour offrir les platitudes d’usage : l’État fera preuve de … compréhension envers les terroristes.[2]

Le Président annonce … qu’il a convoqué un conseil des ministres exceptionnel en vue del'application d'un … couvre-feu pour discuter des façons de contrôler unecrise … hors de contrôle.

Entre temps, le dur et nécessaire travail de contrôle et de répression de la gigantesque vague de criminalité est dévolue aux quelques 10 000 « forces de l’ordre » : CRS, escouades spéciales, police ordinaire .... Trente six policiers sont déjà été blessés.

MAIS AUCUNE POLICIÈRE n’a été blessée! Pas UNE! ZERO!

Que dis-je? Il n’y a AUCUNE policière sur la ligne de front, bouclier au bras à s’offrir comme cible aux roches et cocktails molotofs lancés à la tête des policiers par les jeunes terroristes musulmans en colère.

Mais où se trouvent donc les vaillantes(sic) policières qui sont si vite à réclamer l’ÉGALITÉ des femmes à une CARRIÈRE?

Mais confortablement et peureusement postées derrière leurs bureaux au poste de police, voyons ! Il faut bien quelqu’un pour faire le dur et nécessaire travail administratif : remplir des rapports, répondre au téléphone, etc. … ; les « hommes » sont si occupés depuis quelque jours.

Et qu’en disent les arrogantes et méprisantes fémi-sexistes de carrière qui sont si vite a exiger la transformation de la culture machiste des policiers et des militaires, à exiger l’adoption des valeurs féminines ET féministes dans le travail des forces responsable de la sécurité de la nation, à exiger l’imposition de l’égalité des femmes sur les hommes?

RIEN! SILENCE!

MOTUS ET UTÉRUS COUSUS!

Les CHIENNES DE GARDES n’aboient pas!

Elles se gargarisent d’interviews, de critiques des « machos », du mythe de la violence contre les femmes,du voile islamique, de meetings, de supposées insultes sexistes, etc., etc.

Les fémi-sexistes vivent dans cet univers de sécurité où les femmes ont toujours (sous le patriarcat) vécu. Jadis (il y aquelques décennies) les femmes régnaient en tyranelles de bas étage sur leur cuisine et sur leur « foyer ». Depuis, les richesses et la sécurité générées par la société industrielle, bourgeoise, capitaliste et libérale (brillante création des si détestés « DEAD WHITE MALES »)  a permis aux femmes de « voir » TOUTE la société comme une extension de leur pouvoir sur le foyer. Il leur permet également d’ignorer que le véritable travail decréation, de construction et d’entretien de la société moderne est assumé… par les hommes. Les hommes sont TOUJOURS plus de 95% des morts et blessés au travail dans le silence TOTALITAIRE des fémi-sexistes insolentes, méprisantes et exploitantes … du travail des hommes.

SILENCE!         

Les CHIENNES DE GARDE FÉMI-SEXISTES n’aboieront plus!

Gérard Levesque

Article d'actualite a conserver pour l'annee prochaine. Patschef

http://www.egaliteetreconciliation.fr/

6 Nov 2009

Le matriarcat : la virilisation des femmes, la féminisation des hommes et l’infantilisation des foules…

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Publié le 28 novembre 2007
Le matriarcat : la virilisation des femmes, la féminisation des hommes et l’infantilisation des foules…
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Le matriarcat, règne de la femme, aurait précédé le règne de l’homme (patriarcat). Cela est vrai si l’on ne tient compte que de l’histoire récente. A Rome, le patriarcat succéda en effet à un certain matriarcat étrusque, après la révolution qui chassa les roet instaura la république. Pourtant l’archéologie récente montre que le soi disant matriarcat primitif n’était que la corruption d’une sociologie plus ancienne et mieux équilibrée. La sociologie, en tout temps et partout, a été le reflet de la mythologie en vigueur. Cinq mille ans avant notre air, voire d’avantage, un couple divin a régné dans certaine partie du monde : un dieu abstrait non agissant et une déesse concrète, agissante (la nature). Par la suite le Dieu fut oublié au profit de la déesse parce qu’il était trop métaphysique. C’est alors que la femme l’emporta sur l’homme et que le féminisme total régna sur la cité de Hacilar par exemple et en Asie mineure aussi. Puis de nouveaux théologiens ayant rétabli l’équation métaphysique, il y a eu le miracle Egyptien. A noter que la mère n’a jamais régné en tant que archétype sur le corps social : un matriarcat sénile n’aurait pas duré, ceux sont des restes que nous connaissons dans le phénomène de la Mama en Corse et en Italie du sud. Le matriarcat revêtit des formes plus subtiles avec le règne de la Nana comme nous allons le voire. De notre temps un matriarcat abstrait, insaisissable, règne par le truchement des hommes politiques, à l’insu de ceux-ci. On le décèle dans tout l’Occident : il dévirilise l’homme, virilise la femme et infantilise les foules.

La Nana

Terme archaïque, sans doute étrusco-lydien, auquel fait référence la sociologie matriarcale des hautes époques. En Français , « nonne » sœur religieuse est de même origine .A vrai dire le règne de la nana ou nonne représentait, par rapport au matriarcat strict, une réaction salutaire puisqu’il substituait au règne de la femme sénile celui de le femme dynamique. Décadent, il retombait dans le matriarcat strict (comme en Asie mineure, lorsque Cybèle succéda à Artémis en tant que Arcane) ou aboutissant au patriarcat (comme à Rome, quand la révolution rejeta le matriarcat étrusque et ses rois soumis aux nanas devenues abusives). Les Sibylles et Pythies représentèrent une floraison de cette institution, à moins qu’elles ne se soient reliées à une forme typiquement berbère du matriarcat, celui des grandes reines. La nana personnage tabou, se retrouve en filigrane dans la haute époque des peuples scandinaves, océaniques et méditerranéens. Elle s’éteignit peut-être en occident avec la druidesse. Sainte Anne de Bretagne rappelle le souvenir à peine christianisé, soit d’une « grande nana » régnant sur un collège de nanas soit celui de la déesse Ana symbolisant l’âme du globe. Au passage remarquer la proximité de la racine de nana et de Ana. C’est par le déchiffrement de l’étrusque et du Lydien, langues cousines, que se rétablit cette insolite sociologie. Dans la famille étrusque ou lydienne, langues cousines, il arrivait que l’une des filles, plutôt l’ainée, se consacrât à une prêtrise domestique : elle devenait nana. Célibataire et vierge, elle était la gardienne de la tradition, le célébrant des rites et la prêtresse mariant ses sœurs (ce qui lui donnait par ricochet le contrôle des maris). La nana existait à chaque niveau du corps social : famille, clan, cité, Etat. En fait le pouvoir politique était indirectement entre les mains des nanas, parce que prophétesse, elles détenaient l’oracle. Leur chasteté, combinée à une ascèse et à un régime alimentaire, leur donnait des antennes ; elles étaient médiums. A la longue après avoir assuré une stabilité aux civilisations archaïques, l’institution entra en décadence. Faux médiums, ne captant plus le divin, médiums tricheurs car lui substituant un oracle infernal, les nanas se transformèrent en tyrans domestiques, mariant les femmes à leur gré et envoyant les hommes au travail et à la guerre. En Crète, exemple la plus connue, la « Grande Mère », c'est-à-dire la « papesse » des nanas exerça sur les masses une magie fascinatrice en tirant du culte du serpent une puissance qui se substituait à la puissance divine. Un texte étrusque, éloquent, dit que l’homme n’avait alors que deux façons d’échapper à la nana le vin et la guerre. Ainsi la nana accompagnait l’amiral ; les figures féminine de proue perpétuaient le souvenir de ces contre-amiraux. Les oracles prescrivaient le sacrifice humain du guerrier d’élite, par haine inavouée du mâle… Comme prétexte : ces hommes étaient choisis « par les dieux » pour être les messagers du peuple auprès des dieux. Les abus du « nanarchat » expliquent la révolution romaine et la chute des rois étrusques. Evidemment les romains instaurèrent le patriarcat le plus stricte, retirant à la femme le droit de prophétiser. Les antiques nanas se prolongèrent néanmoins par les vestales, vierges aussi et gardiennes de la tradition, mais sans autorité. Il semble que l’âme inconsciente des peuples méditerranéens et océaniques soit restée traumatisée par la tyrannie des nanas décadentes. L’esclavagisme féminin, corse et sicilien (prostitution), en serait la rançon sous la forme d’une inconsciente vengeance…Aujourd’hui dans l’argot des truands, la nana est l’esclave préférée du proxénète, la reine du harem, en somme, le reflet inversé de l’ancienne nana. Tyran domestique, elle exploite au profit du proxénète ses sœurs en esclavage. Quand à la mama méditerranéenne, autre type de tyran domestique, elle est le reste d’une sociologie plus ancienne. D’ailleurs le spectre de la nana écroulée qui pèse sur l’inconscient collectif de manière très abstraite a des conséquences comme nous le verrons dans la conclusion.

La mama

Ce terme est surtout méditerranéen et il a la signification implicite de mère abusive, surtout en corse et en sicile. Le personnage serait une sorte de résurgence de la nana préhistorique. Or les abus de cette institution traumatisèrent les peuples comme les corse et les siciliens et en général, tous les montagnards autour de la méditerranée, sont la continuation directe. En fait le traumatisme de la nana s’étend de l’Asie mineure à l’Espagne ! Il se manifeste par une misogynie innée : dés le mariage, l’homme cesse d’idolâtrer sa femme, puis la néglige, la traite en esclave ou la laisse s’ennuyer à la maison, accélérant son vieillissement dans l’un et l’autre cas, donc sa déchéance, tout cela dans un réflexe de vengeance, inconscient et collectif. Le spectre de l’antique nana, latent dans ces pays, sépare inconsciemment le mari de la femme. Celle-ci se vêtira de noir comme si elle portait le deuil de son propre sexe, jadis tout puissant. Elle se mettra ensuite à exercer sur les enfants une dictature de tous les instants. La fille ainée sacrifiée, sera la bonne à tout faire de la mama et sa « tête de turc ». A la mort du tyran domestique, trop vieille pour se marier, elle se vêtira de noir à son tour et, médium de l’ombre morte de la mama, elle continuera son règne. La nana de jadis était d’ailleurs jouée par la sœur, non la mère. Cette nana vierge avait tendance à faire verser le sang des mâles, comme la Columba corse de Prosper et Mérimée qui pousse son frère à une vendetta anachronique. Quand aux fils de la mama, leur croissance psychique sera déviée : ils risqueront de grandir en enfants séniles, en faux adultes. Il serait probablement opportun ici de pousser l’analyse plus loin et de considérer certains phénomènes actuels de société, à l’ombre de ces concepts, et d’envisager une causalité, impossible avec le paradigme ambiant. Cependant pour ne pas alourdir le texte, revenons aux fils de la mama, ils se prosterneront devant elle, la dorloteront, mais s’évaderont à la première occasion, changeant même de continent (les siciliens). Mais leur déformation n’en sera que plus apparente ; ils aimeront faire peur joueront aux durs, aux mâles intraitables, alors que sous ce plastron se terrera une peur ancestrale de la femme. Le remède à cette sociologie caricaturale est dans une archéologie psychanalytique, mais que l’on n’est même pas prêt à tenir dans les milieux les mieux informés, malgré les symptômes que tout un chacun a reconnu… Il faudrait remettre à jour l’arcane de la nana en l’extirpant de l’inconsciente mémoire de l’homme, en évitant par la même que l’homme moyen, incapable d’analyser le paradigme ambiant, ne continue à jouer de façon inconsciente avec sa psychologie et celle des autres par des phénomènes de surcompensation et de plus value à un narcissisme de galerie. Dans la mafia, société secrète de truands siciliens, un mysticisme dévié à sublimer jusqu’au délire la mama, en faisant d’elle une quasi divinité abstraite, au nom de laquelle le clan rend justice, accompagnée du sacrifice humain, celui des victimes du syndicat du crime. Je pense que s’étendre plus nuirait à la compréhension.

Il y a un phénomène impossible à analyser car trop présent dans notre échelle de goût mais qui fera ici tout de même l’objet d’une allusion. Je m’en excuse à l’avance étant moi-même un amateur… Il s’agit du culte du football ou du rugby… Ces jeux, malgré l’intérêt que nous leur portons, (et je prends des gants) sont des cultes enfantins, car nous sommes en face d’adultes en culottes courtes jouant au ballon, jeu d’enfant… Le plus grand intérêt porté au foot… calque exactement avec les régions où l’abus du féminisme, jadis, empêcha les hommes de devenir vraiment adulte ! Le pays qui a remporté le plus de coupe du monde étant, comme par hasard, l’Italie ! En Suède puis dans toute l’Europe et l’occident entier, la nana, plus pernicieuse, reparaît sous l’alibi de l’égalité des sexes (en fait il s’agit de féminisme) et de liberté des mœurs. En s’attaquant à l’homme, les femmes vengent le passé. Mais une hystérocratie latente, sans visage précis, domine toute l’Europe occidentale et les USA, où les idéologues poussent à la virilisation des femmes à la dévirilisation des hommes et à l’infantilisation des foules. Il s’y ajoute le sacrifice humain étatisé par les lois.


La société de consommation est Femme et Mère Dénaturée. C'est inhérent et structurel, par la place qui est faite au désir et à sa satisfaction, mais aussi par son traitement social . Le piège était là. Nous sommes tombés dedans!

Tout cela contribue à la résurgence d'un matriarcat décadent et d’apocalypse.


Eric de Trévarez

Source :
http://www.bloghotel.org

http://aumilieudesruines.blogspot.com/

5 Nov 2009

Derniers outrages


Reportage sur la mode qu’ont prise les femmes d’accuser leur conjoint d’inceste. C’est une méthode éprouvée, et pratique qui a fait fureur il y a une dizaine d’années. Au moment de la séparation, c’était l’arme secrète des ordures. Et moi je n’arrive pas à comprendre comment cela se peut…
Faut-il qu’elles ne craignent rien de leur mâle, ces salopes, faut-il que ces hommes n’aient pas appris à leur femme à les respecter pour que, comme ça, sans craindre de représailles, les femmes utilisent l’inceste ! Faut-il que ces hommes n’en soient pas pour accepter de perdre leurs enfants, leur réputation, leurs finances, leur vie, d’être traîné sur le banc d’infamie sans réagir (quelle accusation - à part le révisionnisme - est plus grave que la pédophilie ?!)… Le simple fait que ces bordilles choisissent ce mode d’action prouve que ces hommes n’en sont pas. Ces femmes ne craignent rien de leurs hommes. Elles savent que rien ne se passera. Elles savent qu’on peut tout leur faire. Jusqu’au pire. Elles savent que les Français ne passent jamais à l’action. Jamais. Même quand le plus essentiel est en jeu. Elles savent que ce ne sont pas des hommes. Et elles ne sont pas les seules à savoir cela.
Ces hommes, ces mâles français, incapables de défendre leur famille, incapable de défendre leurs enfants, incapable de se venger, et qui n’inspirent à leur femme que mépris mérité, d’autres en ont pris la juste mesure. Ce sont les métèques montés à la conquête de tout ce que les Autochtones ne savent plus défendre…

Guerre des sexes

5 Nov 2009

LA GUERRE DES SEXES

ou

L’Histoire comme scène de ménage

                « Qui oserait rappeler l’évidence démontrée il y a déjà vingt-cinq ou trente ans par Foucault que non seulement la guerre des races ne s’est pas éteinte avec l’émergence des guerres nationales, ou de la "lutte des classes", mais qu’elles ne cessent au contraire toutes ensemble de s’élaborer sans cesse dans l’infernal creuset des âmes humaines livrées à elles-mêmes, et aux mauvais picrates intellectuels du XXème siècle, contaminant peu à peu toutes les structures de la société-monde, jusqu’à nous promettre l’éclatement prochain d’une guerre des sexes comme horizon terminal, au milieu des destructions de la guerre civile planétaire ? »[1]

                Cette guerre des sexes que nous annonce Maurice Dantec a déjà commencé. Et elle prend selon nous la forme du conflit entre l’Occident et l’Islam. Si l’on doit diviser l’humanité en races sur la base de critères biologiques, alors il n’y en a que deux : la race féminine et la race masculine. Toutes les différences génétiques ou sociales autres que sexuelles sont superficielles et non déterminantes. Et tous les conflits opposant des groupes humains, ethnies, classes, nations, religions, sont en fait des dérivations du conflit originel qui divise l’humanité en deux races sexuelles. L’idée directrice de notre texte sera de montrer que le rapport de forces qui oppose et unit actuellement le monde occidental au terrorisme islamiste est une énième déclinaison du rapport de forces originel qui oppose et unit les deux sexes. A vrai dire, toute l’Histoire de l’humanité n’est selon nous qu’une suite de reformulations de ce rapport de forces primordial et archétypal masculin-féminin. Toute l’Histoire n’est qu’une longue et vaste « scène de ménage ». Cette guerre des sexes a pris au fil des siècles divers aspects, la chasse aux sorcières au 16ème siècle ou plus récemment l’émancipation féminine en étant des exemples parmi les plus évidents. L’expression la plus récente de cette guerre des sexes nous paraît donc être le conflit qui oppose le terrorisme islamiste à un autre terrorisme, plus difficile à percevoir, celui du monde occidental. Le terrorisme islamiste pourrait être dit phallocrate en ce qu’il est perpétré au nom de valeurs essentiellement phalliques et masculines. Le terrorisme occidental pourrait être dit hystérocrate en ce qu’il est un terrorisme du Spectacle au sens situationniste du terme, tout aussi destructeur à long terme que le terrorisme islamiste, et accompli suivant des pulsions essentiellement hystériques et féminines. Nous en proposerons plus loin une analyse sur la base de deux textes : Premiers matériaux pour une théorie de la Jeune-Fille de la revue Tiqqun, et Glamorama de Bret Easton Ellis.    

                L’Histoire comme rapport de forces

« L’histoire de toute société jusqu’à nos jours est l’histoire de la lutte des classes », écrivent Marx et Engels en tête de leur Manifeste du parti communiste. Mais pourquoi les classes luttent-elles ? Pour le pouvoir, pour savoir qui de l’une dominera l’autre. Marx et Engels, inspirés par Hegel, ont parfaitement compris que l’Histoire est le produit d’un rapport de forces dominant-dominé. Il nous semble cependant que ce rapport de forces moteur de l’Histoire possède une origine encore plus profonde que la lutte des classes. La lutte des classes économiques est encore une superstructure déterminée par une infrastructure qui est la lutte des sexes. Tout processus social trouve son moteur dans les rapports de force entre mâles et femelles. La dualité des sexes est le rapport de forces originel qui forme la ligne de basse continue génératrice de tous nos comportements. L’Histoire humaine c’est donc l’Histoire du rapport hommes-femmes. Plus largement, l’Histoire du vivant c’est l’Histoire du sexe, c’est-à-dire du mode de reproduction et d’évolution du vivant.

Mais on peut légitimement se demander en quoi le mode de reproduction du vivant par voie sexuelle engendre nécessairement un rapport de forces ? Qui dit rapport de forces dit lutte pour le pouvoir, en termes psychanalytiques lutte pour le phallus symbolique. La possession du phallus symbolique confère le pouvoir, la supériorité, c’est-à-dire l’autonomie, l’indépendance à qui le détient, ce qui met donc l’autre en position d’infériorité et de dépendance. Mais aucun des deux sexes ne détient vraiment ce pouvoir phallique puisqu’aucun des deux sexes n’est réellement autonome à l’égard de l’autre. Selon la dialectique hégélienne, le maître est tout aussi dépendant de son esclave que l’esclave de son maître. En dépit du fait que l’homme est le détenteur officiel du pouvoir, du phallus, la condition naturelle du rapport hommes-femmes est une stricte dépendance mutuelle.

Et tout le problème est là. Il y a entre les hommes et les femmes un point de haine absolue, ancestrale, un désir de destruction de l’autre, pulsion meurtrière généralement inconsciente, refoulée, mais qui reste néanmoins active au quotidien et produit des effets dans l’Histoire des sociétés et des civilisations. Cette haine primordiale et archaïque des sexes n’a jamais été éradiquée par l’amour et le désir, elle en est même plutôt le produit. Mehdi Belhaj Kacem nous parle de l’essence n de l’amour.[2] Faut-il comprendre l’essence « haine » de l’amour ? La dépendance physique et psychique dans laquelle chaque sexe vit par rapport à l’autre est plus une source d’angoisse, de ressentiment et finalement de haine que de bonheur, d’équilibre et de joie. La dépendance est toujours une aliénation, donc une souffrance car elle nous met en face de nos propres limites. La dépendance nous castre symboliquement, elle nous montre que nous ne sommes pas autonomes, libres, tout-puissants. Ce qui est tout aussi difficile à accepter pour une femme que pour un homme. A cet égard, le ressentiment des femmes à l’égard des hommes et le besoin de se venger d’eux, de castrer le phallus de l’autre, est parfois tellement fort qu’elles préféreront dire « non » ou mimer l’indifférence et rester frustrées si cela frustre également les hommes.

La ballade de la dépendance sexuelle de Weill et Brecht (L’opéra de quat’sous) pourrait être l’hymne de la condition humaine, et à vrai dire de toutes les espèces vivantes sexuées. Cependant, même si les deux sexes sont à égalité dans cette dépendance aliénante, leur relation n’est pas tout à fait symétrique, les hommes étant malgré tout les porteurs officiels du phallus, et les femmes en étant originellement privées. La guerre des sexes se résume donc au constat suivant : les hommes doivent lutter pour conserver leur position de pouvoir qui leur est contestée par les femmes. Les hommes doivent lutter pour conserver un phallus symbolique que les femmes essaient continuellement de castrer. Il nous faut donc montrer maintenant comment la guerre des sexes comme Histoire de la lutte entre hommes et femmes autour du phallus symbolique découle des contraintes sociobiologiques de la sélection naturelle comme Histoire de la reproduction du vivant. 

               

                Sélection naturelle et psychanalyse : la lutte pour le phallus

La seule question fondamentale qui s’est posée jusqu’à récemment à l’homo sapiens relevait de la sélection naturelle : « comment assurer au mieux ma descendance ? » Toutes les normes sociales, toute la culture, toute l’Histoire dérivent de cette question et des moyens d’y répondre. Pendant des millénaires, les rapports hommes-femmes se sont résumés de la façon suivante : du fait que ce sont les femmes qui sont enceintes, un homme ne peut jamais être sûr que l’enfant est de lui, d’où la nécessité du contrôle de la sexualité des femmes. Les voiles, tchadors et burkas des musulmanes n’ont pas d’autre fonction. Et du fait qu’une femme isolée sera dans l’impossibilité d’élever ses enfants, elle devra s’assurer du contrôle de la puissance sociale du partenaire mâle qu’elle choisira, afin qu’il la protège avec ses rejetons des agressions extérieures. Les hommes essaient de contrôler la sexualité des femmes, et les femmes essaient de contrôler la puissance des hommes : telles sont les bases de toutes les structures sociales traditionnelles. Au moyen du pouvoir social, les hommes essaient de contrôler le pouvoir sexuel des femmes, c’est-à-dire leur pouvoir de séduction et donc de reproduction. Et au moyen de leur pouvoir sexuel de séduction, les femmes essaient de contrôler le pouvoir social des hommes avec les avantages qu’il procure pour la reproduction. Chacun essaie de contrôler l’autre et chacun dépend de l’autre, ce qui produit un équilibre relatif, une boucle homéostatique du système relationnel masculin-féminin.

Il faut donc comprendre les relations hommes-femmes en termes de théorie des systèmes. L’Histoire procède de ce système de contrôle mutuel qui est un rapport de forces, une lutte pour le pouvoir se tramant autour du phallus, symbolique ou physique et qui structure le développement des sociétés. Les hommes passent leur temps à vouloir enfermer les femmes afin de contrôler les phallus physiques auxquels elles auront accès. Par le pouvoir et la domination sociale ils cherchent à contrôler le désir sexuel féminin. Et les femmes, au moyen de la séduction exhibitionniste, passent leur temps à essayer de s’offrir un accès aux phallus physiques. Par le pouvoir et la domination sexuels, elles cherchent à contrôler le désir sexuel masculin, le phallus, pour bénéficier de sa puissance physique et de son pouvoir symbolique et social. Elles cherchent à exciter le maximum d’hommes, de phallus physiques pour s’ouvrir le plus large choix possible dans la sélection de ceux qui leur paraîtront les meilleurs, les plus virils et puissants. On lance un filet, on attend que des poissons s’y prennent, et on ne garde que les meilleurs. Au moyen des vêtements, des cosmétiques, des bijoux et autres artifices les femmes appellent la puissance érectile des hommes en essayant de les faire bander et de provoquer en eux une envie irrésistible de les pénétrer. Toutes les femmes n’ont pas le même potentiel de séduction. Cette lutte pour la conquête des mâles engendre donc entre elles rivalité et jalousie. Les plus douées, les plus belles, au milieu de tous les mâles qu’elles auront réussi à exciter ne choisiront pour s’en faire pénétrer que ceux qui leur paraissent les plus puissants sexuellement, physiquement ou socialement, c’est-à-dire les plus capables d’assumer une paternité conjugale protectrice. La puissance sexuelle est l’indice de la puissance physique. Et le mâle le plus puissant physiquement est souvent le plus puissant socialement. Quant aux femelles les moins séduisantes, elles prendront ce qui reste, resteront seules ou développeront une homosexualité de compensation. Il en va de même pour les hommes laids ou timides.

On voit dès lors comment la structure psychanalytique du rapport de forces hommes-femmes, la lutte autour du phallus symbolique, dérive des contraintes biologiques de la sélection naturelle, la lutte autour du phallus physique. En effet, comme Lacan disait de l’hystérique qu’elle cherche un maître sur lequel elle puisse régner, un phallus qu’elle puisse symboliquement castrer, les femelles humaines cherchent des mâles puissants dont elles puissent orienter et contrôler en leur faveur la puissance physique et sexuelle. Si le positionnement du désir masculin est clair, univoque : on cherche une femelle dominée, en revanche le positionnement du désir féminin est ambigu, équivoque, un peu schizo : on cherche un mâle dominant mais que l’on puisse dominer également.

                La logique interne de l’Histoire humaine, de ses plus hautes réalisations jusqu’à la barbarie la plus ignoble, est le fruit de cette interaction systémique entre mâles et femelles, où chaque sexe assigne à l’autre une place dans son désir, un rôle social dominant ou dominé à tenir impérativement sous peine de n’être plus désiré. Dans L’imparfait du présent, Alain Finkielkraut se pose la question suivante : « N’est-ce pas l’assignation des hommes à la virilité qui voue l’humanité à la violence ? »[3] Il faut alors se demander : « Mais qui assigne donc les hommes à la virilité, si ce ne sont les femmes, à responsabilité égale avec les hommes ? » Car en effet, aussi longtemps que les femelles éprouveront plus de désir pour les mâles dominants que pour les dominés, les mâles se battront pour être dominants. La violence des mâles, génétiquement programmée par leur taux hormonal de testostérone, est ainsi une simple réponse de la sélection naturelle au désir des femelles qui se porte prioritairement sur les plus agressifs d’entre eux, les plus forts et phalliques. Les femmes n’aiment pas les loosers. Le caractère de coq macho agressif et guerrier de nombreux hommes n’est donc en fait que le résultat d’une sélection sexuelle accomplie par les femmes elles-mêmes qui, séduites par les parades et les démonstrations de force du phallus, n’accepteront de mélanger leur génome et de donner une descendance qu’aux mâles les plus dominateurs, c’est-à-dire les plus protecteurs mais aussi, car toute médaille a son revers, les plus destructeurs. Les guerres et les violences qui jalonnent l’Histoire de l’humanité, loin d’être des phénomènes spécifiquement masculins, sont en fait des produits du système interactif de contrôle mutuel du phallus qui se joue entre hommes et femmes. Tout ce que sont et font les hommes est une réponse au désir des femmes, et tout ce que sont et font les femmes est une réponse au désir des hommes. Au moyen d’une sélection sexuelle impitoyable, chaque sexe façonne l’autre. Les femmes ont donc toujours eu le même poids que les hommes, même si moins visible, dans la construction des phénomènes sociaux et historiques. Rien ne s’est produit dans l’Histoire qui ne fût désiré par les deux sexes.

                La contraception comme reformulation du rapport hommes-femmes

  

Cette Histoire du sexe est devenue problématique depuis le « boum » des moyens de contraception (pilule, stérilet, IVG) dans les années 70. Le système de contrôle mutuel a perdu son équilibre homéostatique naturel. Pendant des millénaires, le rôle social des femmes était biologiquement déterminé par la maternité, de par le simple fait que le coït équivalait pour elles à porter un enfant puis à le nourrir et à s’en occuper ensuite pendant des mois, voire des années. Des contraintes naturelles les obligeant à un certain mode de vie orienté essentiellement vers le foyer et la maternité pesaient donc sur les femmes, contraintes que les hommes ne connaissaient pas puisqu’ils ne tombent pas « enceints ». Cette détermination biologique des rôles a été rendue caduque par les moyens de contraception modernes. La contraception féminine permet effectivement de transgresser l’ordre naturel des choses et les rôles qu’il définit. Affranchies du conditionnement physiologique qui les déterminaient à devenir des mères, n’étant désormais ni plus ni moins que les hommes astreintes à un rôle social spécifique, les femmes doivent redéfinir leur place dans la société. Mais cette place des femmes dans les sociétés modernes ne peut être définie que relativement à celle des hommes. Répétons-le : femmes et hommes forment un système interactif. Tout ce qui affecte l’un affecte également l’autre.

Ce que la nature définissait pour les individus, les individus doivent maintenant le définir par eux-mêmes. Les rôles masculin et féminin que la biologie définissait depuis l’origine des temps, les hommes et les femmes doivent dorénavant les renégocier, peut-être même les réinventer. Mais sur quelles bases ? Selon quelles valeurs ? Redéfinir les rôles c’est redéfinir les identités. Avant la contraception on savait ce qu’était une femme, la nature lui attribuait une fonction sociale spécialisée : c’était fondamentalement une mère en devenir ou réalisée. La contraception a dé-spécialisé le rôle social des femmes. En 2003, l’identité féminine est beaucoup plus floue, une femme peut être une mère mais rien ne l’y oblige, d’où la conséquence systémique du vacillement de l’identité masculine.

La presse féminine fourmille de ces articles de psychologie de comptoir et de tests de personnalité bidons qui symptomatisent le désarroi contemporain de l’identité féminine. Le succès de cette presse vient justement de ce que les femmes y cherchent en urgence les moyens de se définir une identité qui, sinon, reste dans un flou invivable. Le drame de cette presse vient de ce qu’elle ne propose aux femmes qu’un modèle identitaire fictionnel normé selon des critères purement commerciaux. Et le cynisme absolu de cette presse vient de ce que tout y est faux, y compris les pseudo-récits authentiques qui sont en fait des œuvres d’imagination de pigistes rémunérés au lance-pierre. Mais tout y est calibré pour faire rêver, touchant par là un lectorat prêt à payer pour se faire mener en bateau pourvu que cela lui donne l’impression d’exister dans un monde plus valorisant narcissiquement, plus excitant, où le « moi » est défini positivement. Dommage collatéral : cette presse est en train de transformer des générations de femmes en nymphomanes. Mehdi Belhaj Kacem fait à ce sujet les remarques suivantes : « Quand vous disiez, çà et là, que la presse féminine est la pornographie des femmes, la levée de boucliers était immédiate. (…) Là où le porno masculin se braque sur un centre obsessionnel, le désir féminin, dans la presse du même adjectif, s’atomise partout, ne laisse aucun recoin à l’abri de la sonde. »[4] De fait, le sexe en reste LE sujet de prédilection parce que cela fait vendre. La lecture de Cosmopolitan dans sa version anglo-saxonne est à ce titre riche d’enseignements, abordant ce thème de façon plus directe et moins hypocrite que la version française. Bref, les femmes ne savent plus qui elles sont, ce qu’elles sont, elles sont paumées et par contrecoup les hommes aussi.

La contraception est une révolution dont on n’a pas encore pris toute la mesure réelle. Elle a en effet détaché les femmes de leur conditionnement identitaire biologique, et leur a accordé une marge de manœuvre vis-à-vis du rôle social qui leur était assigné par la nature et par les hommes depuis des siècles. Toute l’émancipation des femmes dans ses possibilités matérielles repose sur la pilule, le stérilet ou la légalisation de l’avortement. Mais que faire de cette liberté nouvelle ? « Qu’allons-nous devenir maintenant que l’on ne nous dit plus qui nous sommes et que faire ? », se demandent-elles. Dans leur immense majorité incapables de répondre par elles-mêmes à ces questions, les femmes occidentales se trouvent grâce à la contraception dans une position équivoque et inédite dans l’Histoire de l’humanité : affranchies du système traditionnel de détermination identitaire hommes-femmes, mais incapables de fournir une alternative consistante à long terme à ce système ancestral.

La double-contrainte (double-bind) du désir hystérique

Le désarroi contemporain des identités traduit cette indécision féminine qui refuse désormais un cadre de définition identitaire traditionnel jugé contraignant et rétrograde mais qui, n’en ayant pas d’autre à proposer, continue à s’y référer tous les jours faute de mieux. Les hommes doivent encore se montrer galants, faire le premier pas dans les approches amoureuses, etc.. En d’autres termes, les contraintes du cadre relationnel hommes-femmes étant automatiquement identifiées comme réactionnaires, machistes, phallocrates, les femmes ne veulent conserver de ce cadre relationnel aux hommes que les avantages. Mais toute altérité étant une contrainte, une limitation à l’ego, c’est donc en réalité tout simplement l’altérité masculine, le phallus, qui pose problème aux femmes occidentales. Michel Houellebecq, dans un entretien avec Fernando Arrabal, a raison de déclarer : « Le maillon faible des sociétés musulmanes c’est la chatte. »[5] Car en effet, les sociétés phallocrates traditionnelles ont un problème avec le sexe féminin qu’il s’agit de contrôler et de dominer. Mais il faut ajouter en miroir que le maillon faible des sociétés occidentales, que nous appellerons hystérocrates, c’est la queue. Car en effet, les femmes occidentales ne savent plus guère comment se positionner dans leurs rapports aux hommes, au phallus : dominante ou dominée, soumise ou castratrice ?

Plus exactement, les femmes aimeraient jouir de cette altérité phallique mais sans en subir les contraintes. Transformer le phallus en simple objet de plaisir. Ce qui est une impossibilité ontologique : dès lors que le phallus devient objet de plaisir manipulable, il n’est plus phallique, puissant, et laisse donc les femmes dans la frustration. Un vibromasseur ne remplacera jamais un homme. Plus généralement, dès lors qu’une altérité n’est plus une contrainte, c’est qu’elle a été absorbée dans l’identité, et donc qu’elle n’existe plus. A vrai dire, c’est la notion même d’altérité, structurellement liée à celle de contrainte, que la contraception a fait perdre à la majorité des femmes. Ces dernières ne voudraient retenir du phallus que le plaisir qu’il peut leur apporter. Mais elles sentent également qu’un phallus qui ne donne que du plaisir n’est plus un phallus. Un vrai phallus c’est aussi une contrainte, une altérité puissante capable de s’imposer. Les femmes occidentales demandent donc deux choses contradictoires : que, pour en jouir, le phallus soit un vrai phallus, une altérité puissante, mais sans que ce phallus soit une contrainte, une altérité puissante. Les femmes occidentales sont donc bien des hystériques au sens de Lacan : « Elles cherchent un maître sur lequel régner », un phallus dominateur qu’elles puissent castrer, dominer. On comprend aisément que cette demande soit impossible à remplir car elle exige du phallus qu’il soit dans deux états contradictoires à la fois, un peu comme le chat de Schrödinger en physique quantique. Pour répondre au désir des femmes occidentales, le phallus doit être simultanément puissant et impuissant, il doit bander sans bander, les hommes doivent être dominants, érectiles, virils, mais en même temps dociles, dominés, manipulables et surtout ne représenter aucune contrainte.

Le désir féminin est donc fondamentalement une injonction paradoxale, à laquelle les hommes ne peuvent pas répondre et qui peut aller jusqu’à les rendre fous, violents, violeurs, impuissants ou homosexuels. La libre expression du désir féminin fabrique des serial killers. Le nombre croissant des célibataires des deux sexes et la chute démographique dans le monde occidental en sont d’autres conséquences. En gros, les femmes ne savent pas ce qu’elles veulent puisqu’elles veulent et demandent aux hommes deux choses absolument contradictoires et exclusives. Le désir féminin a donc la forme d’un double-bind, ou double-contrainte. Le double-bind, concept formulé à l’origine en psychiatrie par Gregory Bateson et ensuite repris par l’école de Palo Alto[6], est une injonction paradoxale, l’expression d’un désir contradictoire, illogique, pathogène car susceptible d’induire un trouble schizophrénique chez la personne à qui elle s’adresse puisque pour y répondre, il faut ne pas y répondre.

Le désir phallique impose une contrainte aux femmes : « Soyez dominées. » Mais le désir hystérique impose une double-contrainte aux hommes : « Soyez dominants mais aussi dominés. » En les délivrant de toute contrainte à l’égard du phallus, la contraception permet donc aux femmes d’exprimer en toute liberté leurs tendances hystériques, c’est-à-dire leur rapport ambivalent au phallus, mélange schizophrénique d’amour et de haine, de dépendance et de rejet, et de lui imposer la double-contrainte d’un désir contradictoire. Avant la contraception, les femmes possédaient déjà ces mêmes tendances originellement issues de la sélection naturelle. Mais leur caractère dissolvant et irrationnel trouvait un contrepoids, un contre-pouvoir, un cadre rationnalisateur et unifiant dans l’organisation phallocrate des sociétés traditionnelles. La petite hystérique qui dort en chaque femme et même en chaque homme n’est désormais plus affrontée à aucune organisation sociale lui imposant une altérité symbolique forte, puissante, phallique. Les sociétés modernes occidentales ayant décapité toute figure transcendante de l’autorité, tout sentiment d’altérité contraignante, tout contre-pouvoir phallique au pouvoir hystérique, ces sociétés peuvent être dites hystérocrates. Rendue pleinement possible par la contraception, la figure autoritaire moderne du monde occidental n’est plus phallique mais hystérique. Mais comment s’est traduite dans l’Histoire cette montée en puissance du pouvoir hystérocrate ? Par l’avènement d’un type de société essentiellement tournée vers la consommation et les images : une société du Spectacle, au sens de Guy Debord et des Situationnistes.

L’hystérocratie ou le règne des images

                La notion de Spectacle définit un rapport non-problématique à l’image, rapport d’adhésion non-critique qui peut aller jusqu’à la fascination. Ce rapport non-problématique engendre une tendance à la monstration totale du réel. Tout est à montrer, à voir, à dire, à exhiber. Le monde est réduit à une succession d’images, de représentations, de surfaces plastiques. La société du Spectacle obéit donc à un impératif de visibilité totale. L’éthique spectaculaire répond à un « impératif pornographique ». L’avènement de cette société du Spectacle a commencé avant la contraception mais elle y trouve un parachèvement et une consolidation de ses acquis. Le Spectacle est le milieu naturel de l’hystérique en ce qu’il est le règne du tout-visible, le règne de la pornographie soft ou hard, des affiches publicitaires et de la mode suggestives, bref du corps et de l’objet du désir dévoilé. L’hystérie est une pathologie de la visibilité qui se caractérise par le bourgeonnement et la multiplication infinie et délirante des représentations et des images. Mais en quoi l’avènement de cette société du Spectacle est-elle la traduction du rapport de forces hystérique au phallus, l’expression d’un désir contradictoire, d’un amour castrateur ?

Le rapport équivoque de l’hystérique au phallus, rapport d’amour et de jalousie, la contraint à vouloir le séduire pour mieux le concurrencer et se l’approprier. Le Maître-mot de l’hystérique est « séduction ». Cette séduction castratrice passe par la création d’un désir, d’une dépendance, que l’on s’arrangera pour maintenir inassouvis ou pour accroître au maximum. On allume sans coucher. Ou alors on multiplie les partenaires, éventuellement on partouze. Dans les deux cas, le phallus est nié comme altérité et singularité subjective. Il est castré, ramené au rang d’objet de plaisir. Le seul moyen pour l’hystérique d’obtenir un quelconque pouvoir sur le phallus est de se poser soi-même comme centre de son attention, centre de son désir, de se rendre absolument visible de lui, donc de rendre sa propre image incontournable. Elle va donc spontanément multiplier les images d’elle-même en fonction de l’attente qu’elle suppose au phallus, le but étant de l’obséder totalement par la production parfaitement adaptée des images susceptibles de le séduire. L’hystérique dit au phallus « Regarde-moi, aime-moi, désire-moi et ne regarde que moi, n’aime que moi, ne désire que moi. » Le strip-tease, la danse des sept voiles, la « putasserie » est le rapport masculin-féminin par excellence.

Au moyen d’un exhibitionnisme séducteur, la femme tente de soutirer à l’homme un peu de sa puissance phallique, son argent par exemple, que l’homme, flatté dans son voyeurisme, concède. Afin de mieux se l’attacher et contrôler ainsi sa puissance, l’hystérique doit donc impérativement se faire remarquer du phallus, s’en rendre visible, apparaître comme le centre exclusif de ses représentations. Elle provoque par là-même une surenchère d’images à vocations séductrices, surenchère dans la spectacularisation narcissique de soi dont le but final est la captation et l’attachement de l’altérité phallique. L’hystérique n’a pas de personnalité autre que ce qu’il lui faut développer pour capter le phallus. Obsédée par le perfectionnement de son art de plaire, elle peut ainsi développer une intuition psychologique et une compréhension de l’humain très poussées, confinant parfois à la télépathie. Mais elle restera néanmoins intellectuellement sous-développée, son être ne se consacrant finalement qu’à la production non-critique de surfaces et d’apparences séductrices. Le pouvoir de l’hystérique sur le phallus suppose qu’elle accepte de ne se définir qu’au travers de la visibilité exhibitionniste, et qu’elle fasse donc le sacrifice de nombreuses autres potentialités existentielles plus cérébrales. De fait, dès lors qu’une femme renonce à l’exhibitionnisme sexuel, elle renonce également à tout pouvoir de séduction sur les hommes, ce qui s’accompagne d’une montée en puissance de ses facultés intellectuelles critiques mais aussi de ses névroses. Car en effet, elle se condamne la plupart du temps à rester seule ou à l’homosexualité. Renonçant à séduire le phallus, elle n’a plus alors qu’à le recréer en elle, à se « phalliciser » toute seule. Les intellectuelles et les lesbiennes présentent souvent cette apparence asexuée, ayant renoncé à plaire au phallus, renoncé à se définir dans la dépendance à son égard et par rapport au regard des hommes.

« Dans l’avenir, tout le monde aura droit à cinq minutes de célébrité. » Cette prophétisation de Andy Warhol décrit effectivement le devenir-hystérique, le devenir-pute du monde occidental : la demande de reconnaissance et le besoin croissant que chacun de ses habitants, homme ou femme, ressent de séduire le phallus symbolique ultime qui n’est plus, de nos jours, le regard de Dieu, le grand Autre, mais le regard des autres. L’hystérique ne veut qu’une chose : plaire à tout prix au phallus, séduire l’instance du pouvoir pour se l’approprier ou y participer dans la mesure du possible. Le pouvoir de l’hystérique repose donc entièrement sur les images séduisantes qu’elle parvient à produire d’elle-même au moyen de sa propre spectacularisation exhibitionniste. Elle a donc tout intérêt à ce que la putasserie universelle de la société du Spectacle dure et perdure. Elle est le premier soutien du modèle occidental tel qu’il se montre actuellement face à tout ce qui le menace, islamisme ou autre. S’y trouvant dominante, elle est donc dans un rapport fusionnel d’adhésion non-critique à la société moderne de consommation et d’images. Comme tout groupe humain, cette société du Spectacle a produit un archétype humain, c’est-à-dire un idéal-type de l’individu modèle qui lui est adapté et que l’inconscient collectif social désignera alors comme modèle de réussite. Ce modèle de réussite sociale doit être décrypté si l’on veut essayer de comprendre ce qui oriente le devenir historique. Le personnage conceptuel de la Jeune-Fille proposé par la revue Tiqqun nous permet de cerner au plus près cet idéal-type hystérocrate. 

L’hystérocratie ou le règne de la Jeune-Fille

                Qu’est-ce donc que la Jeune-Fille ? Concept probablement inspiré du De la séduction de Jean Baudrillard, proposé par la revue Tiqqun dans un petit livre d’obédience post-situationniste génial à tous égards et qu’il faudrait pouvoir citer intégralement, Premiers matériaux pour une théorie de la Jeune-Fille :

Entendons-nous : le concept de Jeune-Fille n’est évidemment pas un concept sexué. Le lascar de boîte de nuit ne s’y conforme pas moins que la beurette grimée en porno-star. (…) En réalité, la Jeune-Fille n’est que le citoyen-modèle tel que la société marchande le redéfinit à partir de la Première Guerre mondiale, en réponse explicite à la menace révolutionnaire. En tant que telle, il s’agit d’une figure polaire, qui oriente le devenir plus qu’elle n’y prédomine. (…) De formelle, la domination du Capital devient peu à peu réelle. Ses meilleurs soutiens, la société marchande ira désormais les chercher parmi les éléments marginalisés de la société traditionnelle — femmes et jeunes d’abord, homosexuels et immigrés ensuite. (…) « Les jeunes gens et leurs mères, reconnaît Stuart Ewen, fournirent au mode de vie offert par la réclame les principes sociaux de l’éthique du consommateur. » Les jeunes gens parce que l’adolescence est la « période de la vie définie par un rapport de pure consommation à la société civile. » (Stuart Ewen, Consciences sous influence) Les femmes parce que c’est bien la sphère de la reproduction, sur laquelle elles régnaient encore, qu’il s’agissait alors de coloniser. La Jeunesse et la Féminité hypostasiées, abstraites et recodées en Jeunitude et Féminitude se trouveront dès lors élevées au rang d’idéaux régulateurs de l’intégration impériale-citoyenne. La figure de la Jeune-Fille réalisera l’unité immédiate, spontanée et parfaitement désirable de ces deux déterminations. (…) Une nouvelle figure de l’autorité est née qui les déclasse toutes.[7] 

La Jeune-Fille n’est pas obligatoirement du sexe féminin. Elle peut être un homme. Mais un homme adapté à l’univers hystérocrate et au devenir-pute du monde occidental. La Jeune-Fille a des affinités avec la star porno mais aussi avec le publicitaire, toutes deux figures du pouvoir et de l’autorité hystérocrate. Le porno, la publicité, mais aussi le show-business et le divertissement utilisent le racolage sexuel comme instrument de pouvoir. Se prenant lui-même et avec lucidité comme sujet d’expérience, Frédéric Beigbeder, ancien publicitaire, écrivain et présentateur télé n’hésite pas à se décrire à plusieurs reprises comme la « première pute » du système qu’il critique dans son roman 99 francs. Les milieux de l’information et du journalisme commencent eux aussi à se laisser progressivement hystérocratiser, « jeune-filliser » : dans l’émission Arrêt sur images du 5 mai 2002 (sur France 5), Philippe Vandel faisait remarquer preuves à l’appui la surreprésentation des jolies jeunes femmes dans les reportages télé et les interviews de journalistes. L’information tend de plus en plus à imiter la publicité : il faut attirer l’œil, le séduire, lui plaire à tout prix. En dépit de ce qu’une idéologie féministe diffuse peut en dire, nos sociétés occidentales ne sont pas, ne sont plus phallocrates, dominées par ce que les hommes ont de pire en eux, mais bien plutôt dominées par ce que les femmes ont de pire en elles, leur dimension hystérique que la société du Spectacle n’a fait qu’exacerber, désinhiber et pousser à l’expression : exhibitionnisme, obsession sexuelle, immaturité, irrationalité, impulsivité et narcissisme outranciers, culte de l’apparence et du tape-à-l’oeil, spectacularisation obscène de l’intime, recherche d’intensité existentielle maximale de type paroxystique et orgasmique, théâtralisation des affects. Les Jeunes-Filles intellos adorent le théâtre. Et toutes aiment faire la fête, danser, s’amuser sur des rythmes latinos ou technos, c’est selon, bref se préparer au coït. Homo festivus dirait Philippe Muray.

La vogue actuelle du porno-chic lancée dans la deuxième moitié des années 90 aux USA par le couturier Tom Ford en est une expression, naturellement accueillie à bras ouverts par le petit monde parisien de la mode et du spectacle. En effet, à peu près à la même période en France, un courant de littérature et de cinéma porno-chic ou carrément trash a vu le jour et donné ses lettres de noblesse artistique à ce que la sexualité possède de plus médiocre. Dans le traitement du même sujet, les styles varient et parfois s’opposent : ce que Houellebecq, un des rares auteurs avec Sade et Bataille qui réussisse à faire penser la pornographie, semble déplorer, les boîtes à partouzes ou le tourisme sexuel n’étant finalement dans ses romans que des ersatz compensatoires un peu minables à un rapport de couple impossible, à l’opposé Catherine Millet s’en satisfait totalement, se décrivant elle-même comme dénuée d’idéal amoureux : « Comme j’étais parfaitement disponible, que je ne fixais pas plus en amour que dans la vie professionnelle un idéal à atteindre, on m’a désignée comme une personne sans aucun interdit, exceptionnellement dépourvue d’inhibition, et je n’avais aucune raison de ne pas tenir cette place. »[8] A la faveur de ce courant esthétique, le SM, les partouzes, les clubs échangistes, les acteurs et actrices pornos sont devenus soudain « tendances », relayés dans une espèce de strip-tease universel par des campagnes d’affichage publicitaires de plus en plus obscènes et envahissant la ville.

Car en effet, outre le spectacle, la deuxième obsession de l’hystérocratie occidentale est la consommation. Son point culminant étant la spectacularisation de la consommation sexuelle, qui peut être également consommation du spectacle sexuel, ce que Millet et Henric ont parfaitement réussi dans leurs parutions, mais que n’importe quel film porno réalise aussi bien. Partout où la société de consommation est advenue, les Jeunes-Filles sont dominantes. La société de consommation reposant sur la stimulation continuelle du désir d’acheter, la séduction du consommateur, le meilleur moyen de vendre un produit sera donc de l’érotiser, d’essayer de le faire passer pour un objet naturel du désir, objet indispensable qu’il nous faut acquérir à tout prix. L’iconographie de la société de consommation repose donc sur des valeurs telles que le sexe, le désir et l’érotisme, qui sont des affaires essentiellement féminines, au sein desquelles les Jeunes-Filles évoluent comme dans leur élément naturel. A contrario, la virilité authentique se réalise dans l’abstinence, la maîtrise de soi et des pulsions. Otto Weininger fait les observations suivantes : « La femme est sexuelle seulement, l’homme est aussi sexuel : cette distinction est d’une portée considérable, aussi bien dans l’espace que dans le temps. (…) De même, ce sont toujours des hommes relativement féminins qui sont continuellement à courir après les filles et ne trouvent intérêt qu’aux affaires amoureuses et aux relations sexuelles. »[9]

Quelle place pour le phallus dans un tel univers ? Dans une société globalement hystérocratisée, où le pouvoir n’est donné qu’aux Jeunes-Filles, il ne reste aux hommes qu’à les concurrencer sur leur propre terrain s’ils souhaitent encore obtenir un minimum de gratifications narcissiques de leur environnement. Les valeurs traditionnellement masculines d’affirmation héroïque et ascétique de l’ego survivent encore ponctuellement mais à titre résiduel, elles ne structurent plus la société en profondeur, et surtout elles ne font pas vendre autant. Ces valeurs « mâles » sont généralement décrédibilisées et taxées de machistes ou réactionnaires. Le modèle de réussite sociale n’est donc plus la figure masculine du héros solitaire mais la figure féminine du top-model. Aux valeurs héroïques se substituent les valeurs érotiques. Comme le dit Catherine Breillat à diverses reprises, la pornographie c’est fondamentalement le pouvoir des femmes.

L’archétype dominant de nos sociétés de consommation est une femme « jeune et jolie », une lolita sexy, glamour, une Jeune-Fille. Et tout le monde veut lui ressembler, y compris les hommes. Les gays ont de l’avenir. Les femmes qui disposent d’un capital érotique et sexuel sont donc chez elles dans la société de consommation. Elles sont socialement dominantes car socialement valorisées. Le consensus de l’inconscient collectif social les soutient et leur donne raison d’être comme elles sont. Walter Benjamin disait déjà dans les années 30 que Paris, capitale de la mode, était une ville faite pour les femmes. La grande quantité de miroirs, surfaces réfléchissantes et vitrines de cette ville répond parfaitement, plus que dans tout autre lieu, à la demande narcissique de la femme moderne consommatrice d’images plastiques de soi. Paris est une ville idéale pour les fashion-victims, hommes ou femmes. Paris est La Mecque des Jeunes-Filles.

La « scène de ménage » Occident-Islam

Cette hystérocratisation du monde occidental provoque par réaction une rigidification phallique du monde musulman. Plus l’Occident se jeune-fillise et rend le phallus fou en lui demandant de répondre à son injonction paradoxale, sa double-contrainte d’être et de ne pas être en même temps, plus le phallus veut s’affirmer dans l’être comme érectile, inflexible, dur, dont l’autorité et la puissance de contrainte sont univoques et implacables. L’intégrisme islamiste est une version caricaturale et pathologique d’un principe phallocrate affronté à une version caricaturale et pathologique de la femme qui domine le monde occidental. Le terroriste islamiste est ce phallus rendu fou par le désir incohérent, contradictoire, irrationnel d’une femme occidentalisée qui le veut simultanément dominant et dominé. L’hystérocratie ne sait pas comment se positionner par rapport au phallus. Elle voudrait qu’il existe sans exister, que les hommes soient des hommes sans en être. Le terrorisme islamiste n’est guère qu’une réponse pathologique d’un phallus angoissé à une menace castratrice hystérique tout aussi pathologique et perçue comme dominante dans le monde occidental. « Les femmes à la maison ! » : tel est le message du 11 septembre 2001.

Ce conflit Occident-islamisme n’est en fait rien d’autre qu’une scène de ménage aux dimensions internationales. C’est un Qui a peur de Virginia Woolf ? planétaire, mais qui contrairement à la pièce de Edward Albee finira sans doute très mal. D’origine sociobiologique, ce conflit se manifeste sur un plan symbolique en ce qu’il repose sur des représentations : ce que sont les hommes et les femmes, leur rôle dans la société et le questionnement de leur rapport au phallus et au pouvoir. C’est un conflit de valeurs structuré par deux polarités, une phallocrate-islamiste et l’autre hystérocrate-occidentale. C’est un conflit masculin-féminin autour du phallus étendu à l’échelle de toute la planète. Cette scène de ménage planétaire n’est cependant possible que parce qu’il y a une mondialisation symbolique. Notion qu’il nous faut préciser maintenant.

               

                La mondialisation symbolique

                Que signifie la notion de mondialisation ? Tout d’abord, du point de vue économique elle sert à définir l’état de fait selon lequel tous les acteurs du champ économique mondial sont devenus interdépendants et solidaires à l’échelle de toute la planète. Ils sont tous résorbés dans un seul système, un seul marché qui n’a plus d’extérieur ou d’alternative. Un espace commercial est un espace d’échanges de valeurs marchandes, c’est un réseau de transactions financières entre plusieurs acteurs, au moins deux. Seul, on ne fait pas de commerce, on n’échange rien avec soi-même. Un espace commercial doit donc être compris dans les termes d’un espace systémique, où tout ce qui arrive à l’un des acteurs aura des conséquences sur les autres acteurs du réseau. Un système est toujours différencié, les acteurs du réseau n’ont pas tous le même rôle. Certains sont dominés, d’autres sont dominants. En dépit de cette hiérarchisation, ils sont tous indispensables à la structure du système. Comme Hegel l’a fort bien démontré avec sa dialectique du maître et de l’esclave, le dominé n’est certes tel que parce qu’il y a un dominant qui le domine, mais en outre, le dominant ne peut l’être que parce qu’il y a un dominé à dominer. Ils ne se définissent et n’existent que l’un par rapport à l’autre. Si l’un des deux acteurs du système disparaît, l’autre disparaît également. Et tout ce qui arrive à l’un aura structurellement des conséquences sur l’autre. Il en va ainsi dans le champ de l’économie mondialisée. Par exemple, les pays développés du monde occidental ne peuvent survivre comme dominants que parce qu’ils entretiennent les pays du tiers-monde dans un état de sous-développement. Les riches ne le sont que d’entretenir les pauvres dans leur pauvreté. Et ceci s’observe à toutes les échelles du monde économique et social.

                La mondialisation économique s’accompagne d’une mondialisation symbolique. Dès lors que les flux financiers s’internationalisent, les flux d’informations, de représentations, d’images et de symboles se répandent également de par le monde. Il n’y a plus de marchés financiers locaux, ils sont tous plus ou moins dépendants de ce qui se passe à New-York, Londres ou Tokyo. De la même façon, il n’y a plus de culture locale, sauf à l’état résiduel et agonisant, dans les forêts d’Amazonie ou de Papouasie Nouvelle-Guinée par exemple. Depuis l’écroulement du bloc communiste, le monde s’est unifié en un seul vaste marché économique et un seul espace symbolique de représentations, un seul espace culturel à dominante occidentale et plus spécifiquement nord-américaine. Avant la chute du mur de Berlin, le monde comportait effectivement deux logiques fonctionnant chacune dans leur système propre. Mais depuis 1989, une seule logique et un seul système économico-symbolique occupent le monde. On observe certes des accommodations locales qui reproduisent de l’hétérogénéité, mais sur la base d’une homogénéisation globale croissante des styles de vie. En France, les hamburgers de Mac Donald’s sont légèrement plus salés qu’aux Etats-Unis. Dans ses recherches, Michel de Certeau montre bien comment le colonisé colonise également son colonisateur. L’invasion de la Gaulle par les Romains n’a pas détruit la culture gaulloise, elle a produit la culture gallo-romaine, c’est-à-dire un hybride. Le terme d’hybridation systémique, inspiré de la théorie sociologique de l’acteur-réseau, pourrait définir l’état mondialisé de la planète. Il n’y a plus de formes identitaires pures, il n’y a que des formes identitaires hybrides, produits d’un espace symbolique mondial unifié.

                La place de l’islamisme dans la mondialisation économique  

                Définissons tout de suite ce que nous entendons pas islamisme. L’islamisme n’est pas l’Islam. L’islamisme est la version terroriste, caricaturale et pathologique de l’Islam. Par exemple, l’iconoclasme diffus et modéré de l’Islam a été porté à la caricature barbare par les Taliban lorsqu’ils abattirent les statues monumentales de Bouddha en Afghanistan. En parallèle, le pro-américanisme est une version terroriste, caricaturale et pathologique de l’Occident gréco-judéo-chrétien. Contrairement au communisme pendant la guerre froide, l’islamisme ne relève pas d’une logique économique différente de celle du monde occidental. Au-delà de la propagande officielle des USA, le terrorisme islamiste et l’hégémonie américaine (qu’on la juge bonne ou mauvaise) fleurissent sur le même fumier : l’état de corruption générale de l’économie capitaliste mondialisée. Les deux ennemis sont en fait solidaires dans la défense de la déréglementation libérale des flux d’argent car ils en profitent dans la même mesure. Abattre définitivement les islamistes supposerait de leur couper les « bourses » : moraliser Wall-Street, Londres et Tokyo. Mais l’on abattrait les USA et tout le monde occidental dans le même temps. Le conflit apparent ne doit pas masquer les modes de financement communs des adversaires en présence : le commerce des armes, du pétrole, les trafics en tous genres et la corruption mafieuse consubstantielle à tous ces marchés dès lors qu’ils sont déréglementés, engendrant une économie parallèle. Exemple : la dictature fondamentaliste wahhabite d’Arabie Saoudite, soutien logistique discret du terrorisme de Ben Laden, doit sa prospérité au pacte du Quincy signé en 1945 avec les USA qui s’engageaient ainsi à lui apporter une protection militaire contre la quasi exclusivité du pétrole exporté. Outre le fait que Ben Laden et les Taliban sont originellement de purs produits des services secrets américains destinés à mettre en échec les soviétiques en Afghanistan, les USA ont de plus alimenté les caisses de leurs ennemis afin de pouvoir rester la première puissance mondiale, c’est-à-dire les premiers consommateurs d’énergie. Mais l’Histoire universelle foisonne de tels exemples d’imbrications et d’interdépendance de ce qui en apparence s’oppose.

La mondialisation libérale rend possible l’hégémonie occidentale ET le terrorisme islamiste. Appartenant au même système, la réponse militaire américaine aux islamistes ne sert donc absolument à rien. En effet, Ben Laden et ses acolytes vivront aussi longtemps que les USA du fait qu’ils se financent tous aux mêmes sources économiques libérales corrompues, dont le centre mondial reste Wall-Street. Les récents scandales financiers aux USA (Enron) montrent qu'une bonne partie de la puissance de l'économie américaine repose sur une illusion et sur le mensonge. Les enquêtes de Denis Robert rassemblées dans Révélation$ et La boîte noire sont décisives pour comprendre les liens organiques qui unissent déjà sur le territoire européen la haute délinquance financière des banques et des multinationales et la mondialisation libérale. Les premières zones de non-droit, avant les « banlieues difficiles », restent les places boursières et les espaces de libre-échange économique. Les délinquants les plus dangereux circulent en limousine plutôt qu’en RER et s’habillent chez Hugo Boss plutôt que Nike. Supprimer la corruption dans les échanges économiques mondiaux, moraliser la bourse couperait certes les vivres à de nombreux criminels, islamistes ou autres, mais représenterait également une destruction des fondements mêmes de l’économie libéro-capitaliste occidentale, dont le caractère structurellement criminel est de toute façon également manifeste sur le long terme. Par conséquent, le front est double. Les deux ennemis sont issus de la même mère et boivent aux mêmes mamelles. Ils disparaîtront ensemble ou jamais.

                La place de l’islamisme dans la mondialisation symbolique

Comme au niveau économique, du point de vue symbolique l’opposition des deux systèmes civilisationnels n’est qu’apparente. L’islamisme est un acteur d’un système symbolique unique mondialisé au sein duquel il joue un rôle d’opposition à un autre acteur qui est l’Occident judéo-chrétien. Il n’y a donc pas un choc des civilisations, ce qui supposerait deux civilisations, deux systèmes indépendants l’un de l’autre et qui s’affrontent. Non, il y a un seul système global bi-polarisé par deux positions interdépendantes et qui se définissent solidairement l’une par l’autre. L’Occident et l’Islam sont tout sauf indépendants. L’indépendance c’est l’indifférence, l’absence de rencontre. Or, depuis quelques temps, Occident et Islam ne cessent de se rencontrer dans le conflit et ne cessent de se définir et de se constituer mutuellement au travers de ce conflit. On peut donc parler d’un choc, mais pas entre deux civilisations au sens de deux ensembles civilisationnels hétérogènes et autonomes. Il faut parler d’un choc au sein d’une seule civilisation mondialisée, un choc entre ses deux principaux acteurs au sein d’un seul système civilisationnel.

On pourrait même parler d’un rapport de couple impossible amour-haine entre Occident et Islam, entre Jeune-Fille et Taleb (ou Taliban), ces deux archétypes s’attirant, se fascinant, se repoussant mutuellement, et s’attirant d’autant plus qu’ils se dégoûtent et se font peur. Les phallocrates islamistes réactionnaires, les « Taliban » sont fascinés par le sex-appeal des femmes occidentales mais sont tout aussi terrorisés et à raison par leur pouvoir castrateur. Les hystérocrates occidentaux décadents, les « Jeunes-Filles » sont fascinés par la virilité martiale et érectile des islamistes mais sont également terrorisés à juste titre par leur pouvoir de destruction. Pour reprendre la métaphore de la scène de ménage, Occident et Islam forment un couple qui ne cesse de se disputer pour savoir qui de l’un ou de l’autre aura le pouvoir dans le couple. Ces deux acteurs sont certes en conflit mais se définissent malgré tout l’un et l’autre en fonction d’un espace symbolique commun qui définit leur complicité. Leur conflit ne doit pas masquer leur complicité profonde, le fait qu’ils se positionnent par rapport aux mêmes représentations, la dialectique phallus-hystérique, et qu’ils le savent chacun, même si c’est inconscient. En fonction d’un terrain d’entente symbolique plus ou moins conscient, chacun des partenaires joue donc un rôle et attend de l’autre qu’il joue le sien : Taleb islamiste ou Jeune-Fille occidentale. On remplace Richard Burton et Liz Taylor par le mollah Omar et Britney Spears. 

L’Occident est fasciné par le terrorisme islamiste de la même façon qu’une hystérique sera fascinée par le macho qui la violente. Elle est excitée par sa puissance phallique autant qu’elle lui fait peur et l’agace. Et l’islamiste est fasciné par les femelles occidentalisées qui l’excitent mais restent inaccessibles, le frustrent et le castrent symboliquement. Il les désire autant qu’il souhaite leur mort. Cette complicité et fascination mutuelles expliquent l’impact de terreur jouissive des attentats du 11 septembre 2001 sur les consciences occidentales, le plaisir hystérique qu’elles éprouvèrent à se faire violenter par une altérité phallique, en l’occurrence islamiste, et à se repasser en boucle les images de ce viol vu dans les médias du monde entier. L’hystérocratie occidentale, malade d’elle-même et de ses excès, hypertrophies, bouffissures, demandait depuis longtemps à être frappée, violentée, tabassée, ramenée à l’ordre et au sens de la mesure. La Jeune-Fille hégémonique s’ennuyait dans sa dégénérescence consumériste, molle et facile, attendant qu’un vrai mâle, un Taleb macho, vienne enfin la culbuter et lui rappeler ses limites en la terrorisant. Quel bonheur quand il arrive enfin ! Et quel déluge d’informations et d’images télévisuelles pour essayer d’éterniser, de graver dans les mémoires l’instant du frisson qui ne se reproduira peut-être plus avant longtemps ! Peu après le 11 septembre, Jean Baudrillard analyse cette complicité dans un article crucial, L’esprit du terrorisme, dont une longue citation s’impose :

La condamnation morale, l’union sacrée contre le terrorisme sont à la mesure de la jubilation prodigieuse de voir détruire cette superpuissance mondiale, mieux, de la voir en quelque sorte se détruire elle-même, se suicider en beauté. Car c’est elle qui, de par son insupportable puissance, a fomenté toute cette violence infuse de par le monde, et donc cette imagination terroriste (sans le savoir) qui nous habite tous. Que nous ayons rêvé de cet événement, que tout le monde sans exception en ait rêvé, parce que nul ne peut ne pas rêver de la destruction de n’importe quelle puissance devenue à ce point hégémonique, cela est inacceptable pour la conscience morale occidentale, mais c’est pourtant un fait, et qui se mesure justement à la violence pathétique de tous les discours qui veulent l’effacer.

A la limite, c’est eux qui l’ont fait, mais c’est nous qui l’avons voulu. Si l’on ne tient pas compte de cela, l’événement perd toute dimension symbolique, c’est un accident pur, un acte purement arbitraire, la fantasmagorie meurtrière de quelques fanatiques, qu’il suffirait alors de supprimer. Or nous savons bien qu’il n’en est pas ainsi. De là tout le délire contre-phobique d’exorcisme du mal : c’est qu’il est là, partout, tel un obscur objet de désir. Sans cette complicité profonde, l’événement n’aurait pas le retentissement qu’il a eu, et dans leur stratégie symbolique, les terroristes savent sans doute qu’ils peuvent compter sur cette complicité inavouable.

Cela dépasse de loin la haine de la puissance mondiale dominante chez les déshérités et les exploités, chez ceux qui sont tombés du mauvais côté de l’ordre mondial. Ce malin désir est au cœur même de ceux qui en partagent les bénéfices. L’allergie à tout ordre définitif, à toute puissance définitive est heureusement universelle, et les deux tours du World Trade Center incarnaient parfaitement, dans leur gémellité justement, cet ordre définitif. Pas besoin d’une pulsion de mort ou de destruction, ni même d’effet pervers. C’est très logiquement, et inexorablement, que la montée en puissance de la puissance exacerbe la volonté de la détruire. Et elle est complice de sa propre destruction. Quand les deux tours se sont effondrées, on avait l’impression qu’elles répondaient au suicide des avions-suicides par leur propre suicide. On a dit : « Dieu même ne peut se déclarer la guerre. » Eh bien si. L’Occident, en position de Dieu (de toute-puissance divine et de légitimité morale absolue) devient suicidaire et se déclare la guerre à lui-même. [10]  

Le terrorisme islamiste peut donc compter sur la complicité, le relais, le soutien du système occidental qu’il tente de détruire. A vrai dire, il n’y a qu’un seul système mondial en train de s’auto-détruire. La mondialisation libérale est une vaste entreprise de fabrication de serial killers, dont les islamistes sont la figure la plus achevée. L’islamisme n’est rien d’autre qu’une variation d’un seul et unique système mondialisé en train de se suicider. C’est un acteur d’un espace économico-symbolique universel résorbant l’Occident et tout ce qui s’y oppose, et dont l’enjeu actuel semble être la maîtrise de l’image. Les deux acteurs antagonistes relèvent du même code symbolique et parlent la même langue : la langue des hystérocrates et du pouvoir de destruction de l’image. Les islamistes n’échappent donc pas au Spectacle et à son délire d’images démultipliées à l’infini mais font plutôt partie du « spectaculaire intégré ». L’efficacité symbolique de leur terrorisme reposant sur sa dramatisation visuelle médiatique, il utilise à fond le principe de séduction putassière de l’image qui règne dans l’Occident moderne pour anéantir (croient-ils) ce même principe de séduction putassière de l’image évoquant pour eux le pouvoir sexuel féminin. Mais loin de l’anéantir, le pouvoir de l’image en sort renforcé. En ce sens, tout autant que George Bush jr, Ben Laden et ses sbires sont des Jeunes-Filles hystériques, presque des icônes pop à la mode. La question de l’icône, de l’image est donc centrale et semble être l’objet qui symbolise le mieux le conflit actuel. Cette question est tout sauf anecdotique car le rapport à l’image c’est tout simplement le rapport à l’identité.  

                La construction iconique de l’ego

Comme l’ont montré différents psychologues et psychanalystes, de Wallon à Lacan en passant par Piaget, l’identité humaine ne parvient à se structurer que dans le rapport à sa propre image. C’est le stade du miroir, absolument déterminant dans l’évolution psychique de l’enfant, et dont les séquelles narcissiques se feront ressentir jusqu’à la mort. Il y a un narcissisme primaire, constructif et incontournable dans la construction identitaire humaine, qui revient à dire : « Je suis ce que je vois de moi-même, et je ne suis que ce que j’arrive à voir de moi-même ». Dans un premier temps, le point de départ de la construction identitaire de soi ne peut être que ce que j’arrive à percevoir de moi-même, les images ou représentations visuelles et mentales que j’arrive à obtenir de ce que je suis. Sinon, sans aucune représentation de ce que je suis, comment m’appréhender moi-même, comment savoir quoi que ce soit de moi, et donc comment arriver à simplement être quoi que ce soit ? Deux conséquences : plus je me vois, dans un miroir ou dans le regard d’autrui, et plus je suis, plus j’arrive à définir, à être ce que je suis. D’autre part, moins je me vois, donc moins les autres me voient et me renvoient mon image, et moins je suis. La sensation et la perception de soi est donc directement proportionnel aux images de soi. Finalement, je ne suis que l’image que j’ai de moi-même et qu’une altérité m’aura renvoyée en miroir. Je ne suis que l’image que les autres me renvoient de moi-même. Le Moi est imaginaire, constitué par des images visuelles et mentales.

                Il se trouve que l’Occident moderne et l’Islam religieux ont un rapport diamétralement opposé à l’image, donc à l’identité. L’Occident est dans un rapport de fascination non-critique à l’image, donc primitivement dans un rapport de fascination narcissique à l’image de soi. A l’opposé, l’Islam étant traditionnellement iconoclaste, il est à l’égard de l’image dans un rapport de méfiance critique qui tend à la prohiber totalement, prohibant par là-même toute fascination narcissique pour les représentations de soi. L’identité occidentale pourrait ainsi être définie comme iconique et narcissique, se déployant dans la visibilité et le champ des pulsions scopiques exhibitionnistes et voyeuristes. L’identité occidentale est fondamentalement spectaculaire et spéculaire, elle se donne à voir entièrement et ne met a priori aucun frein critique à la multiplication infinie des images et représentations. En ce sens, elle est structurellement hystérique et pornographique. L’identité islamique, quant à elle, serait plutôt an-iconique, elle est a priori critique et méfiante à l’égard des images et représentations. Sans nier la visibilité du monde, elle place néanmoins l’essentiel de ce qui la constitue dans l’invisible, l’irreprésentable, le secret, le retrait, l’infigurable, l’inimaginable au sens de ce qui ne peut se mettre en images.

Sur ce sujet, on pense aussi naturellement aux analyses de Heidegger pour qui le monde gréco-judéo-chrétien, tout entier absorbé par la visibilité ontique des images, serait responsable d’un oubli de l’Etre, oubli de l’invisible finalement responsable de sa technologisation moderne décadente. Heidegger et le courant de phénoménologie spiritualiste issu de sa pensée partagent avec l’Islam ce questionnement de l’invisible et de son articulation problématique au visible. Henri Corbin ne dirait pas le contraire. Mais paradoxalement, c’est chez les critiques de l’image toute-puissante que l’on trouve parfois ses premiers soutiens. En adhérant au nazisme, Heidegger s’est finalement rendu au pouvoir de séduction esthético-visuel que cette idéologie a exercé sur de nombreux esprits dans les années 30 par sa théâtralisation hystérique de la politique. Quant aux terroristes islamistes, plus proches du cinéma hollywoodien que de l’opéra wagnérien (époque oblige !) ils font partie du spectaculaire intégré. Ils luttent contre un système avec les armes de ce système et en quelque sorte le renforcent, le confirment dans son caractère incontournable. Toujours dans L’esprit du terrorisme, Baudrillard fait les remarques suivantes :

Entre autres armes du système qu’ils ont retournées contre lui, les terroristes ont exploité le temps réel des images, leur diffusion mondiale instantanée. Ils se la sont appropriée au même titre que la spéculation boursière, l’information électronique ou la circulation aérienne. Le rôle de l’image est hautement ambigu. Car en même temps qu’elle exalte l’événement, elle le prend en otage. Elle joue comme multiplication à l’infini, et en même temps comme diversion et neutralisation (ce fut déjà ainsi pour les événements de 1968). Ce qu’on oublie toujours quand on parle du « danger » des médias. L’image consomme l’événement, au sens où elle l’absorbe et le donne à consommer. Certes elle lui donne un impact inédit jusqu’ici, mais en tant qu’événement-image.[11]

Un Islam authentique se battrait autrement, de manière plus subtile et alternative, sans rien concéder au Spectacle. Blaise Pascal s’exclamant « Quelle vanité que la peinture ! » nous met en garde lui aussi contre la fascination exercée par la représentation des choses, leur idéalisation par une image qui aseptise leur réalité et la donne à consommer. Mais il est peut-être déjà trop tard. Dans le champ théorique des sciences de la communication, Florence Aubenas et Miguel Benasayag parlent d’une « subjectivité de notre époque » doublement polarisée d’une part par la fascination du visible, des images et d’autre part le mépris pour tout ce qui n’y apparaît pas, notamment dans les médias de masse :

Pour la plupart des gens, apparaître dans les médias ne constitue pas du tout une expérience intéressante ou amusante. Il conviendrait presque ici de parler du « passage à la télé » dans le sens plein d’un rite de passage, une traversée peut-être pénible mais qui permet d’accéder du monde des invisibles à celui des visibles, à un degré supérieur de la vie. Il faut avoir vu changer le regard de sa boulangère, du jour au lendemain, après vous avoir aperçu aux actualités même fortuitement dans le flot d’une manifestation, pour comprendre l’impact d’un « passage à la télé ». Si par hasard l’invitation était faite en bonne et due forme, vous voilà devenu le prisonnier échappé de la « caverne » — celle de La République de Platon — et qui a connu le vrai monde. Car le vrai monde, nul n’en doute, est celui de la représentation. (…) Il est évidemment possible d’en rire, mais cela ne cachera pas le sentiment de millions de gens qui, depuis leur vie d’invisibles, acceptent tacitement une sorte d’infériorité face au monde des visibles. (…) Visibles et invisibles, cette dynamique finit par créer une véritable subjectivité de notre époque. Il est presque impossible pour nos contemporains d’ordonner leur vie d’après autre chose que cette promesse de visibilité.[12]

Cette subjectivité de l’époque est profondément hystérique dans son délire d’images. L’identité occidentale se définissant par l’image, être c’est être vu, être une icône, une image. L’ego occidental dit « Plus on me voit, plus je suis ». Puisque tout ego cherche à perdurer dans l’être et à étendre son territoire, sa sphère d’influence, il est logique qu’il cherche à étendre le règne des images, c’est-à-dire en fait son propre règne, par la déification des images et donc des médias qui les véhiculent et multiplient. Pour l’ego occidental, le réel étant tout entier contenu dans ce qui se voit, de nos jours dans les médias de la représentation, il suffit d’y apparaître, c’est-à-dire d’être vu par des millions de gens, pour permettre à cet ego qui en profite d’étendre sa sphère d’existence et d’influence dans des proportions qui dépassent celles de l’humain moyen et ainsi acquérir un statut effectivement supra-humain. Beigbeder sait de quoi il parle quand il dit : « Les people, ce sont les nouveaux aristocrates. Ils ont tous les droits. (…) Il m’a toujours semblé que les gens célèbres étaient plus. (…) On vit dans une aristocratie, avec des castes, les gens célèbres ayant les meilleurs tables dans les restaurants et beaucoup de cadeaux. L’abolition des privilèges n’a pas eu lieu. »[13] Qui passe à la télé ou au cinéma existe considérablement plus que les autres parce qu’on le voit considérablement plus que les autres. Et peu importe que cet individu « vu à la télé » soit bête comme ses pieds, voire parfaitement détestable. Les récentes émissions de télé-réalité-poubelle en sont la démonstration éclatante. La visibilité totale, l’obscène et la pornographie sont les milieux naturels de la bêtise. Il n’y a pas de bêtise discrète, cachée, modeste, la bêtise s’affiche toujours, elle prend le plus d’espace possible.   

                « Montrer toujours plus, toujours plus d’images », semble être la devise dogmatique de l’identité occidentale. Le type de société qui lui correspond est donc une société de la représentation, de la visibilité totale, du Spectacle, et de la hiérarchisation en fonction du degré de visibilité, de célébrité. Les Situationnistes ont saisi l’essence même de notre civilisation occidentale dans ce qu’elle a de plus intime : le primat de l’image, donc le primat de l’ego. Cette construction identitaire iconique et imaginaire (par l’image) n’est cependant pas inoffensive. La bêtise théâtralisée et l’obscénité spectaculaire ne sont pas les seules séquelles négatives de cette origine iconique de l’ego. L’origine imaginaire du « moi » occidental a une fonction certes constructive mais aussi éminemment destructrice lorsqu’elle n’est plus affrontée à une altérité critique, ce qui est le cas dans l’hystérocratie occidentale où le contre-pouvoir phallique a disparu, et qu’elle peut donc se laisser aller totalement à ses impulsions primaires. Lacan peut ainsi noter : « Disons que le moi gardera de cette origine la structure ambiguë du spectacle qui, manifeste dans les situations plus haut décrites du despotisme, de la séduction, de la parade, donne leur forme à des pulsions, sado-masochiste et scoptophilitiques (désir de voir et d’être vu), destructrices de l’autrui dans leur essence. »[14] Essayons de montrer maintenant le caractère profondément destructeur de ce rapport non-critique à l’image et à l’identité qui nous semble être typique du modèle occidental et qui culmine de nos jours dans un terrorisme du Spectacle.  

Le terrorisme hystérocrate : Glamorama

« La Jeune-Fille poursuit la perfection plastique sous toutes ses formes, notamment la sienne. »[15] Cette phrase de Tiqqun pourrait figurer en tête de l’œuvre de Bret Easton Ellis. Cet auteur est celui qui décrit le mieux ce qu’est la Jeune-Fille, c’est-à-dire non seulement l’incarnation de la bêtise satisfaite mais encore de la violence calculée, dissimulée derrière une apparence séduisante. Si dans ses deux premiers romans ses personnages ne sont que beaux, jeunes, riches et désespérément cons, à partir de American psycho et dans Glamorama, ils deviennent carrément dangereux. Derrière la belle apparence, la perfection plastique, se cache l’imbécillité la plus noire et surtout la barbarie la plus odieuse. Plus précisément, l’intuition de Ellis, comme celle d’un Larry Clarke au cinéma (Bully), semble être que la perfection plastique est cette barbarie même.

Dans Glamorama, Ellis raconte les tribulations à New-York, Londres et Paris de top-models poseurs de bombes, incarnations du terrorisme du Spectacle et de la puissance de destruction d’une société fascinée par l’image parfaite. Ses personnages ne sont donc pas seulement mannequins mais encore terroristes et, entre deux défilés, posent des bombes dans les grandes villes ou les font exploser à retardement dans les avions. Ce n’est sans doute pas par hasard que l’auteur a situé l’action de son roman dans quatre lieux, dont les trois villes citées, hauts lieux de la mode, du luxe, de l’apparence et du pouvoir hystérocrate qui figurent également parmi les trois premières cibles déclarées des terroristes d’Al-Qaïda. Terrorisme islamiste et terrorisme jeune-filliste convergent dans les lieux qu’ils investissent ou cherchent à détruire, révélant de ce fait l’intimité du rapport de forces symbolique qui les unit.

Le dispositif narratif de Ellis est d’une grande complexité : il ne se contente pas de délivrer une parabole linéaire sur le terrorisme des images. La structure même du récit figure au niveau formel un jeu de miroirs. Le lecteur est amené à se demander si les attentats perpétrés par les mannequins terroristes sont bien réels ou alors des mises en scène orchestrées par une équipe de cinéma en train de tourner un film. Ce que Victor Ward, le top-model personnage principal, raconte lui arrive-t-il vraiment, dans la réalité, ou n’est-ce que le déroulement du scénario d’un film auquel il participe ? Sommes-nous dans la réalité ou dans sa représentation ? Ellis s’arrange toujours pour rendre la décision impossible. A plusieurs reprises, il laisse même comprendre au lecteur que cette distinction entre réel objectif et illusion virtuelle n’a plus d’importance et que finalement tout est image, icône, représentation, illusion, apparence transformable à souhait : « La réalité est une illusion. »[16] dit un personnage. Une phrase mentale traverse plusieurs fois la narration : « We’ll slide down the surface of things. » (Nous glisserons sur la surface des choses). On entend une chanson de U2 Even better than the real thing (Encore meilleur que la chose réelle).[17] Plus tard, Victor assiste le souffle coupé à une séance de retouches d’images par ordinateur. Il se voit ainsi lui-même mis en scène sur des photographies dans des circonstances où il ne s’est jamais trouvé :

– C’est un nouveau programme, dit Bentley. Le Photo Soap de Kai pour Windows 95. Jette un coup d’œil. Silence. – Ça fait… quoi ? J’avale ma salive. Ça arrange les photos, dit Bentley avec une voix de bébé. (…) Bentley recommence à taper, faisant apparaître de nouvelles photos. Il renforce les couleurs, ajuste les tonalités, augmente le flou ou l’acuité. Les lèvres sont épaissies de manière digitale, les taches de rousseur effacées, une hache est placée dans une main ouverte, une BMW devient une Jaguar qui devient un balai qui devient une grenouille qui devient une serpillière qui devient Jenny McCarthy, des plaques d’immatriculation sont modifiées, du sang ajouté à une photo d’une scène du crime, un pénis non circoncis est tout à coup circoncis. En tapant des touches, en scannant des images, Bentley ajoute le flou du mouvement (un plan de « VICTOR » courant le long de la Seine), il ajoute un effet de téléobjectif (dans un désert lointain de l’est de l’Iran, je serre la main à des Arabes, lunettes de soleil et mine boudeuse, camion-citernes alignés derrière moi), il ajoute du grain, il efface des gens, il invente un nouveau monde, sans la moindre couture apparente. – Tu peux déplacer des planètes avec ce truc, dit Bentley. Tu peux remodeler des vies. La photo n’est qu’un début. (…) – Tu y étais ou tu n’y étais pas ? dit Bentley. Tout dépend à qui tu demandes, et même ça n’a plus vraiment d’importance.[18]    

                Critique de la toute-puissance de l’image, Bret Easton Ellis serait-il un auteur situationniste, ou post-situ ? En tout cas il a lu Debord, comme l’atteste le clin d’œil qu’il lui fait : « (…) sur la table il y a un sac à dos Hermès d’où émergent un livre de Guy Debord ainsi que (…) »[19] L’intuition commune à ces penseurs et romanciers est que l’image, la surface plastique toute-puissante tue, la société du Spectacle comme recherche de perfection plastique est meurtrière. Le Spectacle n’est pas seulement le règne du divertissement idiot, il est en outre homicidaire. Ce caractère meurtrier du Spectacle n’est pas métaphorique mais bien réel. L’image d’une chose n’est pas la chose réelle mais sa représentation. La fascination pour l’image est une fascination pour la virtualisation de la réalité, sa représentation déréalisante, et cette virtualisation du réel est un meurtre du réel. Jean Baudrillard parle à ce propos de « crime parfait ». L’expression est fort juste en ce que ce crime virtualisant du réel est accompli au nom d’un lissage plastique de l’image du réel, une version idéalisée, améliorée, perfectionnée, mieux contrôlée de sa représentation. Le Spectacle, ou le mannequin qui en est l’incarnation, vit en fonction d’une recherche de perfection plastique de l’image de soi, d’un contrôle toujours accru de sa propre représentation. La Jeune-Fille comme citoyen-modèle de cette société du Spectacle hystérocrate structure son identité en fonction de cette image idéale de soi qui évacue, qui refoule, qui assassine toute autre dimension identitaire que la surface plastique. L’hystérocratie spectaculaire comme système social est un terrorisme de la perfection plastique qui massacre tout ce qui ne s’exhibe pas de manière tape-à-l’œil, tout ce qui dans le réel humain échappe à l’esthétisation spectaculaire. 

Le terrorisme hystérocrate peut aller encore plus loin en spectacularisant l’inspectacularisable, en exhibant la misère et la pauvreté par exemple. A l’occasion d’une conversation inepte, Baxter Priestly, un des personnages de Glamorama prononce : « J’ai vu un clochard avec des abdos fantastiques aujourd’hui. »[20] L’obscénité irresponsable de cette phrase qui mélange avec ingénuité deux univers de références mutuellement exclusifs, la clochardisation et les salles de musculation, sans aucun égard pour la misère du premier, cette obscénité est telle qu’elle produit un effet d’incongruité irrésistiblement comique. Mais on rit jaune et il reste évident que Ellis tourne ce genre de propos en dérision. Ce qui n’est sans doute pas le cas du couturier John Galliano qui semble avoir touché pour l’instant le fond de l’abjection spectaculaire et du terrorisme hystérocrate avec sa collection Christian Dior printemps-été 2000 intitulée « La belle et le clochard ». Dénué de la plus élémentaire décence morale, Galliano s’est inspiré pour habiller ses mannequins du « style » vestimentaire des SDF et nécessiteux qu’il avait croisés pendant ses joggings au Bois de Boulogne. Mais l’avenir de la télé-réalité repoussera sans doute encore beaucoup plus loin l’absence de scrupules.         

                Ellis montre également que la mode a quelque chose de fondamentalement militaire et fasciste en ce qu’elle crée des normes mentales et des hiérarchies au moyen de pures apparences plastiques : normes vestimentaires qui deviennent des uniformes, normes physiques qui deviennent des races, la beauté étant le critère de la race supérieure, la laideur de la race inférieure. La mode tente de soumettre et d’enrégimenter sous son ordre le plus grand nombre d’individus au profit d’une minorité dominante : les beaux. Comme l’armée, mais aussi comme les sectes, les religions, les groupes terroristes, la mode offre à celles et ceux qui en ont besoin un espace de conformisme au sein duquel on peut se débarrasser du lourd fardeau d’être un individu original pour ressembler le plus possible à un modèle transcendant, une autorité, un top-model au sens strict du terme : un modèle au sommet. L’obsession de la forme plastique parfaite et la hiérarchie qu’elle instaure entre les humains sur la base de l’apparence physique fait inévitablement penser aux méthodes qu’employaient les nazis pour distinguer les aryens des races dites inférieures. On pourrait parler du caractère nazifiant de la mode, de la haute-couture mais aussi de la jet-set, du show-business et de toutes les sociétés calquées sur ces secteurs d’activité. Le succès croissant de la chirurgie esthétique ne fera qu’accentuer la nazification hystérocrate du monde occidental « démocratique ». Le fantasme de perfection plastique qui traverse tous ces milieux est en effet un fantasme totalitaire de toute-puissance narcissique. La perfection plastique était l’idéal nazi par excellence. Ce qui n’est pas étonnant. La perfection plastique est en soi la violence ultime puisqu’elle ne correspond à rien de réel. Elle est donc une extermination pure et simple de la réalité, son abolition au profit d’un idéal de contrôle. La chirurgie esthétique révèle la soif de pouvoir totalitaire et de contrôle paranoïaque des femmes qui s’y livrent. La perfection plastique est le génocide de toute l’imperfection du réel, donc de tout le réel puisqu’il est imparfait. A ce titre, la chirurgie esthétique est l’instrument de la solution finale, le moyen par lequel le réel disparaîtra au profit de sa spectacularisation hystérocrate intégrale. Les Jeunes-Filles sont les nazis du 21ème siècle.

                Le terrorisme islamiste phallocrate est une réponse barbare à la barbarie du terrorisme jeune-filliste hystérocrate. Les avions suicides répondent aux bombes sexuelles siliconées tout aussi suicidaires, les cutters des kamikazes aux scalpels des chirurgiens plastiques. Le conflit entre terrorisme islamiste et terrorisme occidental est la version contemporaine du rapport de forces archétypal entre l’homme et la femme qui structure tout le devenir historique. Ce rapport de forces est insoluble si ce n’est par l’auto-destruction du « couple infernal ». Il n’y a qu’une seule marche sur le podium. L’Histoire comme guerre des sexes, scène de ménage universelle, ira donc jusqu’à l’épuisement et l’extinction de ses protagonistes. Et le combat ne cessera que quand il n’y aura plus de combattants.

               

Un lecteur ou une lectrice pressé(e) pensera sans doute que l’auteur de l’article qu’il aura eu la patience de lire jusqu’au bout n’est qu’un vieux con frustré, « nouveau réactionnaire », limite facho, bourré de ressentiment contre les femmes. Précisons alors que notre ressentiment est dirigé contre l’humain. Nous sommes certes misogyne, mais nous sommes tout autant misanthrope. Les femmes ne valent pas mieux que les hommes, c’est-à-dire pas grand-chose. L’âge mental des homo sapiens moyens reste généralement bloqué autour de l’adolescence. Par le passé, dans le cadre des sociétés phallocrates traditionnelles, seuls les hommes avaient le droit de s’exprimer. Et ils n’exprimaient le plus souvent que leur bêtise et leur immaturité. Depuis que les femmes se sont émancipées et ont gagné le droit de s’exprimer, il faut compter non seulement avec l’expression de la bêtise des hommes mais encore avec celle des femmes. Ce qui fait donc au total deux fois plus de bêtise dans le monde. Où est le progrès ?

Lucas Degryse  

 Publié dans Le Philosophoire n°19, hiver 2003



[1] Maurice G. Dantec, Laboratoire de catastrophe générale (Le théâtre des opérations 2000-2001), Gallimard, 2001, p. 284-285.

[2] Mehdi Belhaj Kacem, L’Essence n de l’amour, Tristram - Fayard, 2001.

[3] Alain Finkielkraut, L’imparfait du présent, Gallimard, 2002, p. 156.

[4] Mehdi Belhaj Kacem, op. cit., p. 59-62.

[5] Dialogue Fernando Arrabal - Michel Houellebecq, novembre 2001, http://www.houellebecq.info/actu.php3?page=6

[6] P. Watzlawick, J. Helmick Beavin, Don D. Jackson, Une logique de la communication, Seuil, 1972.

[7] Tiqqun, Premiers matériaux pour une théorie de la Jeune-Fille, Mille et une nuits, 2001, pp. 10-12.

[8] Catherine Millet, La vie sexuelle de Catherine M., Seuil, 2001, p. 32.

[9] Otto Weininger, Sexe et caractère, L’Age d’Homme, 1975, pp. 88-89.

[10] Jean Baudrillard, « L’esprit du terrorisme », Le Monde, 03 novembre 2001.

[11] Jean Baudrillard, op. cit.

[12] Florence Aubenas et Miguel Benasayag, La fabrication de l’information, La découverte, 1999, pp. 30-32.

[13] Interview Technikart n°67, novembre 2002.

[14] Jacques Lacan, « Les complexes familiaux dans la formation de l’individu », Autres écrits, Seuil, 2001.

[15] Tiqqun, op. cit., p. 60.

[16] Bret Easton Ellis, Glamorama, Robert Laffont, 2000 (traduction française), p. 18.

[17] B.E. Ellis, op. cit., pp. 170-172.

[18] B.E. Ellis , op. cit., pp. 406-408.

[19] B.E. Ellis, op. cit., p. 306.

Global Gender Gap Report I: Inequality = Equality

4 Nov 2009

To read the Global Gender Gap Report for 2009 is to enter a truly Orwellian world (WEForum, 2009).  (And please note that I don't like the word "Orwellian" because it's overused.  But the GGG Report is Orwellian as I will soon make clear.)

The Global Gender Gap Report is a publication of the World Economic Forum which is based in Geneva.  However neutral its title, the Report's authors have no intention of impartially informing us about relative gender disparities around the world.  As Canadian journalist Barbara Kay has said in another context, "when [they] say 'gender' they mean 'women's interests.'  Just so.

Indeed, read the Global Gender Gap Report from cover to cover and, apart from being terminally bored, one would never guess that men or boys suffer unequal treatment or outcomes anywhere on earth.  And that's because, in the Report, anti-male inequality is simply defined out of existence.

Here's how they do it.  The Report uses four categories to determine the relative gender "equality" score for particular countries or regions - economic participation and opportunity, educational attainment, political empowerment, and health and survival.  Each of those categories is then broken down into subcategories and each subcategory is weighted.  For example, the education category has subcategories for percentage of males and females in primary school, secondary school and tertiary school, and literacy among males and females. 

Each category is scored on a 0 - 1 basis with '0' signifying total inequality and '1' signifying complete equality of the sexes in that category.  Categories are then combined to give an overall score for each country.  The closer to 1 then, the better, at least according to the authors.

But there's a slight problem with that (actually there are several).  Any score under 1 signifies not simply gender inequality, but specifically anti-female inequality.  So obviously, any score over 1 signifies anti-male inequality, right?  Wrong.  There are no scores over 1.  You see, according to the Global Gender Gap Report, any time a nation favors men, it's called gender inequality, which is bad, and any time a nation favors women it's called "equality" which "from a values and social justice perspective... is long overdue." 

In short, anti-male inequality is specifically defined as equality.  In the world in which the authors live, there's anti-female inequality, equality and nothing else.  That's why I used the word 'Orwellian.' 

Here's an example.  Turn to page 184 which is where the figures for the United States are to be found.  Under "Educational Attainment," we see the four subcategories I mentioned previously.  Men and women are equal in the literacy subcategory, but in each of the other three - primary, secondary and tertiary education - there is a higher percentage of girls and women than boys and men.  So clearly, according to the criteria laid down by the Report, girls and women do better than boys and men in education in the United States.  Ergo, the country's score in this category is 1 which signifies "equality."  Inequality equals equality.  See how it works?

According to that scoring methodology, if a nation sent only girls to school and denied boys any form of education at all, male and female education would be considered equal.  That nation would receive the coveted score of 1.

Now, I know I don't have to point out the obvious, but I will anyway:  scoring the way the Report does totally misrepresents the relative equality or inequality of the sexes.  It's like a basketball game between a girl's team and a boy's team in which each basket scored by a girl counts two points and each by a boy counts zero.  The final score won't tell you much about which is the better team.

When anti-female bias counts for something and anti-male bias counts for nothing, don't be surprised when not a single nation is found to be gender equal.  And that of course is precisely what the Global Gender Gap Report finds.  How could it be otherwise?

I'll do more on the Global Gender Gap Report soon.

Thanks to Greg for the heads-up.   

 by Robert Franklin, Esq.

http://glennsacks.com/blog/?p=4346

La Domination féminine: l'hystérocratie

2 Nov 2009

La Domination féminine: l'hystérocratie

Hystérocratie, symbolisme et construction sociale 

La phallocratie, dans sa logique unique, non contradictoire, a proposé aux femmes d’être dominées sur le modèle sexuel: domination apparente et symbolique, adoucie par la galanterie. 

L’Hystérocratie, comme organisation sociale,  porte une contradiction, dans la mesure où les hommes, sexuellement dominants, sont en réalité dominés et discrédités.  En effet l'homme, en l'absence de repères symboliques, tombe sous la domination de la femme; il en résulte une infantilisation de la société. 

Même si égaux en tant que personne humaine, l’homme et la femme ne se mesurent pas à l’aune de la similitude, mais à celle de la complémentarité. Il s'est produit un glissement de l'égalité, idéal de justice, vers une pseudo similitude qui sera difficilement symbolisable. De cette absence de fondement, résulte une "culture" de consommation uniquement.

La société post moderne s'est éloignée des lois naturelles, elle pollue et déruit: qu'en est-il de l'écologie de homme lui-même? La société de consommation a fait table rase, établissant la suprématie du marché, avec la marchandise et le consumérisme. Les modes de vie, produits de consommation, sont imposées par l'économie. Les équilibres entre l'Animus" et "l'Anima" sont rompus, et les re-pères symboliques " Homme Femme" " Père Mère" qui s'étaient construits difficilement durant la longue histoire de l'humanité, ont disparu.

Il faut savoir que l'hominisation est né du symbole et que le langage est né de la capacité spécifiquement  humaine à symboliser. C'est le symbole qui crée le signe, la signification et le sens. La dualité du Mâle et de la Femelle est à la base de l'édifice symbolique. Le passage du Mâle et de la Femelle, au Père et à la Mère, repose sur une dialectique symbolique délicate. C'est de cette valeur symbolique et de son équilibre fragile que nait le sens Social. 

Toute autre construction est illusoire et instable, comme l'a, déjà, montré l'histoire de l'humanité. L'éco système dont on sait ce qu'il advient lorsque le subtil équilibre est rompu, n'est pas seulement physique et matériel...

Comme à Babel, on peut craindre le pire à court terme. Ce qui se passe, actuellement, en Occident, est redouté de toutes les religions. La globalisation économique et culturelle montre des dysfonctionnements inquiétants. La publicité imposera-t-elle un symbolisme de pacotille dans une spectacularisation générale de la société ? Il faudrait, maintenant, conceptualiser l'Hystérocratie. Les prémices de définition se trouvent chez Freud et Lacan.

Eric de Trévarez   

http://blogcity.ch/auto23652/page4/

Une journée ordinaire.

1 Nov 2009
 

Une journée ordinaire.

Comme a mon habitude, hier matin j'allais prendre un café dans un de ces estaminets franchisés poussant comme des champignons en Amérique du Nord. Une des serveuses, une petite jeune fille à peine sortie de l'adolescence, me servant fréquemment a cette heure, s'approcha timidement et me demanda : « Que prendrez-vous ce matin, monsieur ? »

Elle avait le ventre rond. Ne pouvant m'empêcher, je fis une moue d'étonnement. Je posais ma main sur son ventre et lui témoignais un : « J'ignorai ! ». Je crus percevoir une légère larme. La matrone, peut-être doit-on encore dire « le patron » je ne sais plus, s'approcha pour me raconter les derniers potins. Et, bien entendu, me laissa savoir que le père de l'enfant à naître est inconnu.

« Tu ne connais pas le papa ? » lui demandais-je.

« Si, enfin je crois ! » rétorqua-t-elle.

De toute évidence, elle venait se faire consoler.

Je rajoutais : «  Si tu sais qui est le père, alors fais ce qui est juste et raisonnable, va le voir et explique-lui. Les hommes ne sont pas des monstres. Il arrive même que certains aiment leurs enfants. Si ... si ... je t'assure ! Et cet enfant aura besoin de son père. »

Elle me regarda, étonnée.

« Pas question ! » répondit-elle en élevant la voix ?

« Il est à moi... c'est moi qui décide. » Rajouta-t-elle.

Propriétaire de l'enfant, elle ne savait pas au juste qui en était le père, mais savait que c'était son objet. Sa chose. Et que de toute manière elle avait des droits. Pourquoi alors avoir eu un comportement de petite victime à mon égard. Parce qu'en réalité, au fond, les erreurs qu'elle a commise ; elle aimerait les faire supporter par les autres. Elle attendait de moi que je la plaigne. Que je la cajole comme une petite poupée. Que je lui dise que tout ira bien, que ce n'est pas de sa faute, que ce n'est pas grave et que finalement les hommes sont des salauds.

C'est ça qu'elle attendait de moi.

Élevée dans une société féminisée, son attitude reflétait parfaitement les dérives du laxisme envers les filles dont nous sommes tous coupables aujourd'hui.

Quant à la prochaine étape. Assassinats légalisés de tous les hommes ?

Patschef

Français, encore un effort !...

1 Nov 2009
 

Français, encore un effort !...

 

 

 

"Un minaret de 18 mètres dans le ciel villeneuvois"Le 12 août 2009 | 12/10/2009 - 13h00


VILLEUNE D'ASCQ (NOVOpress) - On l'apprenait début août, le projet de mosquée à Villeneuve d'Ascq avance à grands pas, 700 000 € resteraient néanmoins à collecter pour que l'ensemble des travaux puissent être terminés.

« Après 30 ans d'attente et de temps de prière dans une mosquée en préfabriqué, la pose du minaret est très représentative pour les musulmans villeneuvois », explique Mohammed El Mokhtari, secrétaire général de l'AAEC (Association animation et échanges culturels), qui gère le projet.
........................

Pour compléter voici quelques propos prononcés par l'inquiétant Amar Lasfar, pilier de l'UOIF dans la région Nord, présent lors de la pose de la première pierre :

« Dans l'islam la notion de citoyenneté n'existe pas, mais celle de communauté est très importante, car reconnaître une communauté, c'est reconnaître les lois qui la régissent. Nous travaillons à ce que la notion de communauté soit reconnue par la République. Alors, nous pourrons constituer une communauté islamique, appuyée sur les lois que nous avons en commun avec la République, et ensuite appliquer nos propres lois à notre communauté »

Mr Amar Lasfar, recteur de la grande mosquée de Lille.
Source : La cité mode d'emploi , Homme et migration, n° 1218, mars-avril 1999 p.55

« L'Assimilation suppose pour les populations islamiques se fondent à terme dans la population. Ceci est exclu car cela signifie l'abandon de la loi islamique [...] Il n'y aura pas de dérogation à cette règle ».

Source : Amar Lasfar, conférence à l'Alliance régionale du Nord, 9 octobre 1997

http://in-nocence.org/public/read.php?3,36896,36896#msg-36896

Category: POLITIQUE

http://equalbutdifferent.blogspot.com/

1 Nov 2009

Men Are Great

Now I realize a lot of you are probably confused by that title. Chances are you're waiting for the punch line of some anti-male joke (Men are great AT...insert derogatory male stereotype here). Nope, that's it. There isn't any more to it. I figured with the enormous amount of time and energy devoted to pointing out all the flaws of man, it would be nice to devote a bit of time appreciating them...even if it is only a couple of paragraphs in my blog. There are certain pictures that make me cry every time I see them. I'm referring to pictures of men, great men, doing what great men have done since the beginning of time...sacrificing all for the greater good. I'm talking about pictures of soldiers, giving their lives to protect us, pictures of firefighters on 9-11, pushing their way UP into the towers, going to their doom in order to save lives. How many times have men faced death in protection of their countries, their homes, their families? How many men have worked at thankless jobs, never complaining, never questioning, in order to provide for their families? Now, I'm not implying that this is what men should be doing...sacrificing themselves. I'm saying that, right, wrong or otherwise, this is what men always have done and continue to do, and the very least we should do is recognize and show appreciation for that fact.

To put it simply, I love men, and not in a 'I like to sleep around and men are great in that capacity' way, either. I love and celebrate all the wonderfully unique traits and characteristics that are distinctly male. Now, I could expand upon all the contributions men have made to the world, but I won't, I don't have enough room on my blog, or enough time. Suffice it to say that due to the minds and accomplishments of men, the world has benefitted more than can be conveyed. What I will take time to do is acknowledge some of the little things, the things that tend to be taken for granted and go unnoticed. I know for a fact that if anything gross, disgusting or dirty has to be done, my husband, no questions asked, is going to do it. There's never an argument over who's going to go outside and shovel the driveway or who's going to change the oil, or the tire. I can guarantee if anybody ever needed to kill anything or venture into a potentially spider infested crawl space, it wouldn't be me. Not because I'd refuse....I'd never have to. If there's anything repugnant to be done, my husband does it. I have at times volunteered, because I know he'd never ask me to, but he says no. Not because he want to do it, but because he takes care of and protects his wife and children, self-sacrificing in the way that man have done for ages. So I say "thank you" to all the men who quietly go about their lives, unappreciatedly sacrificing for those around them. Thank you for all that you are and all that you do. I want you to know that although your are grossly underappreciated, you're not completely unappreciated.
 http://equalbutdifferent.blogspot.com/2007/08/men-are-great_21.html

Si l'homme existait ...

1 Nov 2009

Une nouvelle decouverte de Jean :

 

 

le drame du sucre - Philippe Fontes from plusmoins on Vimeo.

 

Et les mères qui dorment avec leurs enfants, et les maris qui se replient sur le canapé. Les consultations des psys (psychanalystes et psychiatres) encombrées de gamines anorexiques, parce qu'elles refusent avec une rare violence (contre elles-mêmes) leur famille où les pères ne sont plus des pères mais un autre enfant de leur mère toute-puissante, et les bureaux des juges envahis de garçons de plus en plus violents, sans repères ni limites. On commence même à voir des filles violentes et des garçons anorexiques ! L'"hyperactivité" des enfants devient un lieu commun des conversations. Des enfants qui n'obéissent pas, qui ne se concentrent pas, des enfants qui se déscolarisent, se désocialisent. des enfants violents, des enfants tyrans. Ritaline, Concerta, plus de cent soixante-dix mille boîtes de "pilules de l'obéissance" ont été remboursées en 2004 en France. Trois fois plus qu'en 2000.*

Mais bien entendu, quand vous expliquez ça à une mère concernée par ce problème, elle vous répond que ça n'a rien à voir, elle vous parle de la psychologie de son enfant, comme si celui-ci se développait indépendamment de tout contexte socio-éducatif, comme s'il n'allait pas à l'école, comme s'il n'était pas déjà imbibé et informé à haute dose par la doxa féminine qui se répand généreusement par tous les pores de la mediasphère, comme s'il n'était pas déjà englouti par le vagin géant dans lequel nous rampons à l'aveuglette, comme si les hommes existaient encore. Nous faisons comme si l'homme existait, alors que ça fait vingt ans qu'il a disparu de nos sociétés. Faire comme s'il existait encore permet à la Mamachine de fonctionner à plein régime. Elle nous raconte que le problème vient des pères, des hommes, des machos, alors qu'elle sait parfaitement qu'ils ont disparu du paysage. Cette fiction la justifie dans son éradication. Les seuls phallus qui se dresseront encore en France dans quelques années seront des minarets.

Patrice de Plunkett

31 Oct 2009

Mai 68: destruction du surmoi pour le triomphe de la consommation.

Repères entre les hommes et les femmes.

A qui profite la confusion des sexes?

Libération de la femme et consommation?

Autorité et phallus.

La loi et le père

Mai 68: Modification du rapport au désir.
Interdiction d'interdire.
Triomphe de la consommation.
Essence féminine de la consommation.
Le désir comme diktat féminin.
La mère ou la femme comme pédagogie
Destruction du rôle symbolique du père.
Le passage à l'hystérocratie.
Capitalisme, destruction/innovation et désir.
Disparition de la volonté et du surmoi. 
Consommation, absence de limites et de surmoi.
Absence de surmoi et autodestruction.
Le ça, l'absence de loi et l'incivilité.
                                                    "Nul n'est homme s'il n'est père"   Proudhon

Mai 68 : un regard "catholique social"

Là est l’imposture de Mai 1968 : s’être présenté comme l’ennemi de la société de consommation, alors qu’il anéantissait tout ce qui freinait le triomphe de celle-ci.
L’esprit de 68 a vomi tout ce qui n’était pas le caprice individuel (d’où le célèbre slogan : « il est interdit d’interdire »). Il ouvrait ainsi la voie au matérialisme mercantile. Celui-ci allait se substituer à tout, en installant : 1. le caprice individuel comme ressort du marketing ; 2. le marketing comme seul lien du vivre-ensemble... Ainsi les slogans de 68 furent récupérés en bloc par le marketing, et ce fut la naissance de la sous-culture des années 1980-2000 : plus besoin de chercher le sens de la vie, il suffisait d’être « soi-même », de « penser avec son corps », de se contenter d’exister, de « bouger » – et finalement, d’acheter. Le marketing ne demandait rien de mieux aux consommateurs : ne plus se poser de questions, devenir dociles et ductiles.
En détruisant le français et l’histoire à l’école, par exemple, les pédagogues post-68 ont fait table rase au profit de l’idéologie marchande – qui exploite l’amnésie et parle en basic english.

La célébration médiatique de 68 commence. Nous avions vingt ans, ce printemps-là... Voici mon avis (Patrice de Plunkett, journaliste professionnel) quatre décennies plus tard :
[ Le texte ci-dessous, dont je suis l'auteur, est l’introduction de Liquider Mai 68 ? (Presses de la Renaissance), ouvrage collectif sous la direction de Chantal Delsol et Matthieu Grimpret. Ont aussi contribué à ce livre : Denis Tillinac, Christophe Durand, Jean Sévillia, Jean-Marie Petitclerc, Paul-Marie Coûteaux, Sarah Vajda, Antoine-Joseph Assaf, Jacques Garello, Ludovic Laloux, Elsa Godart, François Grimpret, Jean-Louis Caccomo, Pierre Guénin, Steve Frankel, Michelle d’Astier de La Vigerie, Ioanna Novicki, Dominique Folscheid, Ilios Yannakakis. En librairie le 15 avril. Blog du livre]

http://liquidermai68-lelivre.blogspot.com/


LA REPENTANCE N'EST PAS DANS L'AIR
Liquider Mai 1968 : vaste programme, eût dit de Gaulle. Il faut voir où l’on met les pieds.
Peut-on regarder 68 comme un drame politique dont on pourrait dresser le bilan, à la façon des Livres noirs du communisme et du colonialisme ?
Ce serait une erreur.
J’en témoigne. J’avais vingt ans cette année-là et j’étais sur le terrain. Étudiants « réacs » [Qui avions deux ennemis : les gens de Krivine (futurs ministres socialistes) et ceux d'Occident (futurs ministres ultralibéraux] de Nanterre et du Quartier latin, nous nous sommes bien amusés – mais sans y croire une seconde ! Nous ne sommes pas allés sur les Champs-Élysées le 30 mai. Pas un instant nous n’avons gobé que « les rouges » voulaient « prendre le pouvoir ». Ni que la « révolte étudiante » était « dirigée et exploitée par des meneurs au service d’une puissance sans visage qui agit partout à la fois dans le monde », comme l’écrivait alors Mauriac dans son bloc-notes... La panique bourgeoise nous faisait rire. La droite jouait à la contre-révolution, mais il n’y avait pas de révolution ; les cris de guerre des gauchistes sonnaient faux, leurs slogans avaient l’air d’un décor. La société qu’ils dénonçaient n’existait pas. Le danger qu’ils proclamaient (la « fascisation du capitalisme ») était imaginaire et absurde.
Mais nous qui étions dans le bain, contrairement à la droite, nous sentions qu’il y avait tout de même un esprit du mouvement de Mai : et que cet esprit était autre chose que son apparence.
On devinait un volcan qui n’était pas politique [« La majorité des centaines de milliers de personnes qui y ont participé, à différents niveaux, n’avaient ni idéologie définie ni appartenance politique… La révolution de Mai 68 fut culturelle, et non politique. » (Manuel Castells, professeur à Berkeley, La Vanguardia, 19 mai 2007).
3. Sorti en 2008.].
Sous les gesticulations pseudo-marxistes courait en réalité une fièvre irrésistible d’individualisme, vouée à brûler tout ce qui paraissait freiner encore un peu le règne de l’ego.
Mai 68 allait aider – sans le vouloir – à installer une société consumériste, fondée sur l’exploitation commerciale des pulsions du Moi les plus déshumanisantes : une société où le travail allait devenir aussi flexible que la morale, comme dans le film de Ken Loach It’s a free world [Sorti en 2008]. Cette société allait fusionner la gauche et la droite comme des gérantes du même hypermarché. Pierre Legendre l’écrira en 2001 : « Notre société prétend réduire la demande humaine aux paramètres du développement, et notamment à la consommation » [Le Monde, 23 octobre 2001] .
Pour que la société puisse devenir ce terrain vague, il fallait raser les ultimes valeurs supérieures à l’individu, les dernières « haies », les vestiges d’un art de vivre plus ancien que la bourgeoisie moderne.
Cette destruction fut l’œuvre de l’esprit de 68. Il a agi comme un incendie. Ce n’était pas difficile : les « haies » étaient desséchées par le néant moral des Trente Glorieuses... « Notre mode de vie focalisé sur le confort et l’utilitaire ne satisfait pas la jeune génération », affirmait en 1967 le journaliste italien Giorgio Bocca. Son diagnostic surestimait le mobile des jeunes, mais il était presque exact sur un point : la faillite éthique des vieux.

La prophétie de Boutang
Quelqu’un avait vu cette faillite plus nettement, en France, deux ans avant 1968. C’était le philosophe Pierre Boutang, et sa vision [La Nation française, 19 janvier 1966] a l’air d’une prophétie lorsqu’on la relit en 2008 :
« Une part de la réalité de l’homme est en train de s’évanouir, ou changer de sens ; subissant à la fois les techniques de massification (perdant de plus en plus son visage, la ressemblance avec Dieu) et la rhétorique de l’humanisme le plus vague et dégoulinant, le citoyen des démocraties modernes et développées a laissé tomber […] sa réalité d’homme, vivante et en acte. Il a cessé d’agir comme père, d’exercer comme un père une autorité familiale (or nul n’est homme s’il n’est père, dit Proudhon). […] Pour cela, les fils s’éloignent (même en restant là) et haïssent ou méprisent à la fois le fils que fut leur père, et le père qu’il n’est pas. Leur ‘‘protéïsme’’, leur capacité de désir de prendre toutes les formes animales, jusqu’au refus du visage humain et de la détermination sexuelle, n’est que le constat d’absence, mais d’absence molle et pesante, d’un être de l’homme, à l’image de Dieu, chez l’adulte. »
Ce texte de 1966 était une prémonition du processus de Mai 68 :
- d’abord la nullité morale des pères, bourgeoisie « traditionnelle » déboussolée qui s’attirait le mépris des enfants ;
- puis la dislocation psychologique des enfants, « jusqu’au refus du visage humain et de la détermination sexuelle ».
En mai 2008 ces enfants ont la soixantaine. Leur refus de naguère est devenu l’esprit d’une néo-bourgeoisie : l’âme d’un monde sans âme, où la droite et la gauche desservent par roulement – à des heures différentes – le rayon des « nouvelles mœurs » à l’enseigne du Grand N’importe Quoi. Le philosophe Bernard Stiegler conclut [Comprendre le capitalisme (Le Nouvel Observateur hors-série, mai 2007)] à leurs torts partagés :
« On a souligné un paradoxe à propos de Mai 68 : on a pensé que le capitalisme était porté par la droite, qui défend les ‘‘valeurs traditionnelles’’, et que c’est un mouvement de gauche (Mai 68) qui a voulu symboliquement détruire ces valeurs. Mais en réalité, ce qui a réellement organisé cette destruction des valeurs, c’est le capitalisme… Le capitalisme est contradictoire avec le maintien d’un surmoi… Une société sans surmoi s’autodétruit. Le surmoi, c’est ce qui donne la loi comme civilité. Un récent rapport du préfet de la Seine-Saint-Denis expliquait la violence dans les cités par cette absence de surmoi, qui se traduit alors par le passage à l’acte… »
Selon la formule d’un autre philosophe de 2008, Jean-Claude Michéa, il est « impossible de dépasser le capitalisme sur sa gauche ». Ainsi les postures dominantes aujourd’hui sont libérales-libertaires : elles cultivent les transgressions « qui servent à la bonne marche des affaires » ; « elles rompent les solidarités effectives, en isolant plus encore l’individu dans une monade où se perd ‘‘le goût des autres’’, où il n’est plus qu’un rouage. [Le Monde, 22 novembre 2002, à propos du livre de Michéa Impasse Adam Smith (Climats)] »
En détruisant le français et l’histoire à l’école, par exemple, les pédagogues post-68 ont fait table rase au profit de l’idéologie marchande – qui exploite l’amnésie et parle en basic english.
Mai 68, portier du matérialisme mercantile
Mai 68 n’est donc pas l’antithèse de 2008.
Il n’est pas l’inverse de notre société libérale-libertaire (ou ultralibérale, c’est la même chose).
Il n’est pas l’opposé de « notre monde postmoderne avec sa politique cacophonique et vide, et sa contre-culture devenue marché de masse »
[Ed Vulliamy, The Observer, 30 septembre 2007]…
Au contraire : 68 en fut le point de départ ! Fausse révolution, vraie pulvérisation. Transformation de la société en une dissociété : le tout-à-l’ego. Mutation de l’homme « familial enraciné » en « individu dans la foule », sans attaches ni foyer stable... Mai 68 a lancé l’idée que toute stabilité était « fasciste », et cette diabolisation du durable [Douée pour récupérer ce qui la conteste, la rhétorique économique allait (plus tard) s’emparer de la formule « développement durable ». Mais où sont les réalisations concrètes ?] a fleuri en tous domaines. L’économique y a vu son intérêt. Le capitalisme s’y est reconnu. Ayant succédé aux pères bourgeois, les fils bourgeois ont séparé la bourgeoisie et les « valeurs traditionnelles ». Ils ont transposé 68 dans le business, comme le pubard ex-trotskiste incarné par Maurice Bénichou dans une merveille de film passée inaperçue en 1997 : La Petite Apocalypse de Costa Gavras. Ce fut l’époque où l’ex-mao François Ewald devenait le philosophe du Medef, sous la houlette d’un autre soixante-huitard passé au néocapitalisme : Denis Kessler.
Ainsi a surgi ce que Luc Boltanski et Ève Chiapello, dans leur enquête parue à la fin de la dernière année du XXe siècle, ont appelé Le nouvel esprit du capitalisme [Gallimard 1999, 843 pages.]:
« Nous avons voulu comprendre plus en détail […] pourquoi la critique […] s’éteignit brutalement vers la fin des années 70, laissant le champ libre à la réorganisation du capitalisme pendant presque deux décennies […], et pour finir, pourquoi de nombreux soixante-huitards se sentirent à l’aise dans la nouvelle société qui advenait, au point de s’en faire les porte-parole et de pousser à cette transformation. »
Quelle physionomie a cette nouvelle société ? Stiegler l’indique : « Puisque le désir est le moteur qui nous fait vivre et nous meut (ce qui détermine en profondeur notre comportement), le capitalisme de consommation cherche par tous les moyens à en prendre le contrôle pour l’exploiter comme il exploite les gisements pétrolifères : jusqu’à épuisement de la ressource… »
Mais d’abord, cette forme de capitalisme devait « détourner la libido des individus de ses objets socialement construits par une tradition, par les structures prémodernes comme l’amour de Dieu, de la patrie, de la famille. »
Boltanski et Chiapello (1999) confirmeront ainsi la vision de Boutang (1966) sur l’absence inéluctable du « père » et du familial – matrice de toute société – dans la société nouvelle :
« La famille est devenue une institution beaucoup plus mouvante et fragile, ajoutant une précarité supplémentaire à celle de l’emploi et au sentiment d’insécurité. Cette évolution est sans doute en partie indépendante de celle du capitalisme, bien que la recherche d’une flexibilité maximale dans les entreprises soit en harmonie avec une dévalorisation de la famille en tant que facteur de rigidité temporelle et géographique, en sorte que […] des schèmes similaires sont mobilisés pour justifier l’adaptabilité dans les relations de travail et la mobilité dans la vie affective… [Boltanski, op.cit] »
Alors que son idéologie prétendait « contester la société de consommation », 68 a préparé le terrain au triomphe absolu de cette société. Car le centre nerveux de l’esprit de 68 n’était pas idéologique, mais psychologique, sous la forme d’un double rejet :
- le rejet du familial (avec une virulence dont se souviennent les lecteurs du Charlie Hebdo des grandes années) ;
- le rejet du spirituel (avec la même virulence, n’en déplaise à feu Maurice Clavel qui fut seul à voir le Saint-Esprit sur les barricades du 3 mai).
Rejeter le familial et le spirituel, c’était rejeter l’essentiel de la condition humaine et nous soumettre à un sort injuste : « nous forcer à passer nous-mêmes à côté de notre propre vie, et ainsi laisser la promesse de vie s’enfuir dans la banalité pour finir dans le vide [Josef Ratzinger, notre pape Benoît XVI, La mort et l’au-delà, Fayard 1994] ». Une telle mutilation révoltait Patrick Giros, qui allait mourir à la tâche au service des SDF : « Rendez-vous compte, cette logique soixante-huitarde, que je connais parce que je suis un des fils de 68, eh bien les premières victimes qu’elle fait ce sont les petits, les jeunes, les fragiles, ceux qui ont une famille explosée, ou des fragilités psychologiques… [À la rencontre des personnes de la rue (« Aux captifs la libération »), de Jean-Guilhem Xerri, Nouvelle Cité 2007] »
Or ce rejet soixante-huitard du spirituel et du familial, est aussi le centre nerveux de la société consumériste. Celle-ci réduit le monde humain à la consommation matérielle individualiste (une fuite en avant égocentrique : une vie réduite à l’insatisfaction acheteuse). Elle ampute l’existence de dimensions qui sont les clés de la condition humaine.
Là est l’imposture de Mai 1968 : s’être présenté comme l’ennemi de la société de consommation, alors qu’il anéantissait tout ce qui freinait le triomphe de celle-ci.
L’esprit de 68 a vomi tout ce qui n’était pas le caprice individuel (d’où le célèbre slogan : « il est interdit d’interdire »). Il ouvrait ainsi la voie au matérialisme mercantile. Celui-ci allait se substituer à tout, en installant : 1. le caprice individuel comme ressort du marketing ; 2. le marketing comme seul lien du vivre-ensemble... Ainsi les slogans de 68 furent récupérés en bloc par le marketing, et ce fut la naissance de la sous-culture des années 1980-2000 : plus besoin de chercher le sens de la vie, il suffisait d’être « soi-même », de « penser avec son corps », de se contenter d’exister, de « bouger » – et finalement, d’acheter. Le marketing ne demandait rien de mieux aux consommateurs : ne plus se poser de questions, devenir dociles et ductiles.
Ces noces de Mai et du Marché auraient horrifié, dix ans plus tôt, les soixante-huitards extrêmes : ceux qui rêvaient d’abolir l’argent, d’en revenir au troc et de proclamer « l’An 01 » avec le dessinateur Gébé. Pourtant c’est ce qui est advenu... Cela n’aurait pas étonné le vieux Marx, qui félicitait le capitalisme (cent trente ans plus tôt) de son pouvoir de destruction-innovation :
« La bourgeoisie ne peut exister sans révolutionner constamment les instruments de production, ce qui veut dire les rapports de production, c'est-à-dire l'ensemble des rapports sociaux. […] Ce bouleversement continuel de la production, ce constant ébranlement de tout le système social, cette agitation et cette insécurité perpétuelles distinguent l'époque bourgeoise de toutes les précédentes. Tous les rapports sociaux […] se dissolvent […] Tout ce qui avait solidité et permanence s'en va en fumée. [Manifeste de 1848] »

Les sociaux et les mondains
Alors, critiquer Mai ? Oui. Mais n’en faisons pas un prétexte. Ne disons pas que tout va bien aujourd’hui ; ou qu’il suffirait, pour que tout aille mieux, de liquider l’esprit de 68.
Je préfère être avec Benoît XVI, lorsqu’il demande que l’on change le modèle économique global [novembre 2006].
Et avec les évêques de la planète catholique, lorsqu’ils appellent à lutter contre « des injustices qui crient vers le ciel » [Synode universel, octobre 2005].
Et avec les anciens soixante-huitards qui ont lancé en France l’économie solidaire… Ceux-là ont su ne pas suivre l’esprit de 68 dans son transfert ultralibéral. En se faisant entrepreneurs sociaux, ils ont à la fois pris le contre-pied du matérialisme mercantile et de 1968 (la « déconstruction » ravageuse).
La fusion de 1968 et du consumérisme ne légitime pas le consumérisme ; le triomphe actuel du consumérisme ne nous dispense pas de chercher des solutions pour en sortir.
À gauche de la gauche, quelques-uns commencent à voir le rôle de l’esprit de 1968 dans l’hypermarché qu’est la société présente. Ainsi le journal La Décroissance [Décembre 2007] donnant la parole au maire de Grigny (Rhône), René Balme, qui accuse le slogan « interdit d’interdire » d’avoir ouvert un boulevard à la marchandisation de tout : en effet, dit-il, la libre concurrence « ne doit être bridée par rien »… Le psychiatre Jean-Pierre Lebrun ajoute : « Beaucoup de gens sont aujourd’hui dans une grande confusion, car ils croient être débarrassés des interdits. Si plus rien n’est interdit, plus rien ne veut rien dire. » Selon Lebrun, spécialiste des comportements, la « stratégie néolibérale » disloque la condition humaine en niant que les limites soient « utiles et fondatrices » ; elle fait ainsi « sauter les verrous les uns après les autres » : « Le néolibéralisme […] dans son versant consumériste donne l’illusion que l’on peut avoir accès facilement à la satisfaction de nos prétendus besoins, et cela sans aucun renoncement. Mais la vie humaine ne se résume ni à cette satisfaction, ni à ces prétendus besoins. »
Beaucoup de gens trouvent que la société de consommation ne pose aucun problème. Ce n’est pas mon avis, mais ce que vous venez de lire n’est qu’un regard personnel.
Il y a d’autres regards...
Leur diversité et leur confrontation sont un service que rend ce livre. Car l’heure vient de réparer l’un des pires dégâts collatéraux de Mai : avoir pollué l’exercice du débat dans ce pays. L’esprit de 68 ajoute en effet à ses caractéristiques celle d’être futile et manichéen en même temps. Il brandit la dérision, mais il voit le monde en noir et blanc. Camp du Bien contre camp du Mal ! Dans ce climat, les nuances disparaissent et l’échange d’idées devient impossible : il n’y a que des imprécations, des anathèmes contre les horreurs ultimes et les abominables relents dont on affuble l’adversaire. Personne n’est plus en mesure d’analyser les données, de faire la part des choses. Quarante ans après 68 on est toujours dans cette ornière : quand le professeur Alain Badiou proclame, en chaire, que « Sarkozy est le nouveau nom du pétainisme » [Dans son cours à l’ENS pendant la campagne présidentielle de 2007], c’est 1968 qui continue ; toujours la manie de l’exorcisme (« CRS - SS ») substitué au raisonnement... Et quand Jean-François Kahn fait rire tout le monde en 2007 avec cette entrée de son Abécédaire mal pensant [Plon, 2007]:
« – ‘‘Abject’’ : équivalent à ‘‘contestable’’ dans les livres de Bernard-Henri Lévy »…
…les lecteurs songent-ils que la démesure dans l’invective est un legs de Mai 68 ?
En 2006, je dînais dans une grande ville française avec le patron d’un quotidien régional et sa femme. Lui et moi avions presque le même âge. L’épouse était plus jeune. Après nous avoir écoutés évoquer le joli mois de mai, elle nous a coupé la parole :
– Au fond, la génération de 1968, vous emmerdez tout le monde depuis quarante ans ?
Nous lui avons répondu :
– C’est assez vrai.
En une époque de repentances, celle de notre génération n’a pas eu lieu et ne semble pas près de se faire.
Un psychanalyste télégénique déclare en octobre 2007 : « Je suis resté fidèle aux idéaux de 1968 ». Il explique : «J’avais 16 ans et j’ai vécu cette période comme une déflagration. La vie intime, qui jusque là était forclose, a jailli d’un coup dans la société… » Ce soixante-huitard impénitent a réussi dans l’existence (souligne Libération) : « Parisien aisé, entre un appartement dans le 3e arrondissement et des voyages en Inde avec ses enfants, il devient assez logiquement un pur bobo : ‘‘Au test du Nouvel Observateur, j’ai toutes les réponses positives, de la marque de café au lieu de vacances’’. »
Quelques jours après, Le Monde consacre une page entière à raconter le plus grand mariage de la saison. L’article s’intitule : « Carnet mondain de la nostalgie »… En effet le marié fut un héros de Mai, il est eurodéputé aujourd’hui et il a convié huit cents personnes à la noce : toute l’élite parisienne, tous anciens de 68 ! Entre autres un psychanalyste médiatique (un de plus), qui jubile et déclare à ses voisins de table : « Si on n’est pas invité ce soir, on n’existe pas socialement. »
Deux mois plus tard, un joaillier de la rue de la Paix annonce une « nouvelle collection seventies ». Sur sa pleine page de pub, on voit une top-model qui lève le poing avec un bracelet de platine et une bague de diamants ; sourcil froncé, œil dur, lèvres ouvertes comme pour un cri, la créature mime une attitude de manifestante. Derrière elle on voit un ciel bleu, sur lequel se détache – en petites capitales couleur blanc-nuage – le slogan du magasin : « militant de l’impertinence ». Le folklore de Mai est devenu un argument de vente.

Oui, 68 a changé la vie.
Non, la repentance n’est pas dans l’air.

P.P.

Sources : Patrice de Plunkett

Category: POLITIQUE

The Female Midlife Crisis

31 Oct 2009
The Female Midlife Crisis

More Women Than Men NowReport Upheaval by Age 50; The ATV Tipping Point

By SUE SHELLENBARGER Staff Reporter of THE WALL STREET JOURNAL (Personal Journal) -- April 7, 2005; Page D1

The "midlife crisis" has long been thought of as something that afflicts men and often involves expensive toys and second wives. But the Wall Street Journal's Work & Family columnist, Sue Shellenbarger, says that as gender roles change, women are increasingly experiencing their own version of these upheavals. What follows is adapted from her new book, "The Breaking Point: How Female Midlife Crisis Is Transforming Today's Women."
* * *

Like most people, I had never taken the notion of midlife crisis seriously. I thought of it as a fleeting, laughable period of adolescent regression that leads middle-aged men to buy red sports cars and take trophy wives. Typing with my arm in a sling after a thrill-seeking ATV adventure ended in a crash, I attempted to make light of the subject in my "Work & Family" column in The Wall Street Journal. Lampooning myself for having one of the stupidest accidents of my life, I wrote, "The midlife crisis is a cliche -- until you have one."

I quickly learned I wasn't alone.

The column drew one of the biggest reader responses I had received in 12 years as a columnist. While some readers of both sexes were startled by the notion that a female could even have a midlife crisis ("I had no idea that women got this, too," wrote a Texas man), a far larger number of women readers experienced a shock of self-recognition.

Dozens told heartfelt tales of pain, upheaval, rebirth and transformation in middle age, and said they had no idea other women were experiencing the same thing. My comic tale had touched a hidden nerve. Clearly, millions of midlife women had reached a crisis stage -- a time when old values and goals no longer made sense to them.

I began gathering more stories. Through newspaper ads, networking and e-mail, I identified 50 women who had undergone midlife turmoil, each of whom generously agreed to share her life experience. In 30 years as a journalist, I haven't experienced interviews as moving as these.

A startlingly high number of women have experienced what they consider a midlife crisis, broadly defined as a stressful or turbulent psychological transition that occurs most often in the late 40s and early 50s.


FURTHER READING:
Read an additional excerpt on how to tell if you are headed for a midlife crisis, from "The Breaking Point."


By age 50, even more women than men are reporting a turbulent midlife transition -- 36.1% of women, compared with 34% of men -- according to research by Elaine Wethington, a Cornell University associate professor, based on a subset of the giant 6,432-person MacArthur Foundation "Midlife in the United States" study of Americans' well-being at midlife.

Applying the findings to the 42-million-member generation of U.S. women who are nearing or in middle age, defined as about 38 to 55 years old, more than 15 million women will have, or are already having, what they regard as a midlife crisis -- about equal to the entire populations of Colorado, Massachusetts and Minnesota combined.

This pattern of female midlife crisis is emerging now because, to put it simply, women are different today. For the first time in history, women not only face more of the kind of stresses that tend to bring on midlife crises, but they also have the financial muscle, the skills and the confidence to act out their frustrations and resolve them. In a sense, women are having midlife crises now because they can.

The income of middle-aged women has posted powerful gains in comparison with men's, by many measures. Women's inflation-adjusted full-time earnings have risen 16.8% in the past 15 years, government statistics show, giving them the financial strength needed to act on midlife rebelliousness. Men's comparable earnings have declined 1.7% for the same period. Nearly one-third of wives now outearn their husbands, and the proportion of women earning more than $100,000 tripled in the past decade. All this gives women a sense of freedom at midlife. "My successful, satisfying career allowed me to be very independent, with a cocky attitude" that sparked to a full-blown midlife crisis, says a California saleswoman in my study.

Women also have the skills and resources to make career changes or start their dream businesses at midlife if they wish. The proportion of professional jobs held by women, from engineering, law, medicine and architecture to teaching, writing and computer science, has grown to 54.7% from 51.1% in 1990, the Bureau of Labor Statistics says. Women hold nearly half, or 45.9%, of all executive, managerial and administrative jobs, from CEO slots to food-service management, up from 40.1% in 1990. Women today are better-educated than men, too, earning 58% of all college degrees granted, including 59% of the master's degrees, says the National Center for Education Statistics.

Gender Differences

Real differences are emerging in how women and men experience midlife crisis. A variety of studies suggest that women not only undergo bigger changes than men in middle age, but they also by some measures have a more positive attitude about their prospects in life.

Women experience a more dramatic rebound in personal fulfillment at midlife, on the heels of a deeper dip than men in their child-rearing years. A study of MacArthur Foundation data by Dr. Wethington, Ronald Kessler of the Harvard Medical School, and Joy Pixley of the University of California at Irvine found that only 24% of women ages 35 through 49 said they had "fulfilled a special dream" in the past five years, such as acquiring money or property, accomplishing something noteworthy, finding a partner, or getting married. For adult women, this was the lowest ebb of fulfillment in their entire adult lives. By contrast, 40% of the men in the same age group reported dream fulfillment.

But the pattern quickly reverses over the age of 50. The study shows 36% of women ages 50 through 64 report reaching some fulfilling goal in the preceding five years, suggesting midlife can be a time of powerful renewal for women. In contrast, men's dream fulfillment goes downhill from their mid-30s on, sinking to 28% from ages 50 to 64, and 27% after that.

The triggers of midlife crisis reflect sex differences, too. Women's midlife crises are more likely than men's to begin with family events or problems, Dr. Wethington says, from a divorce or a parent's death to an extramarital affair, to the realization you haven't met your own standards or goals as a parent.
Whereas male midlife crisis is more likely to be driven by work or career issues, women's turmoil is more likely to be driven by introspection. Women are more likely to attribute their midlife crises to some new insight into themselves through religion, therapy or reflection. Women are more likely to cite personal health problems as the cause of their midlife crises. This can include worries about slowing down or about losing one's attractiveness, based on the MacArthur Foundation research.

Perhaps most significant for the culture, women are innately more likely than men to talk with others about their inner turmoil, to openly seek solutions, and to look for remedies in community and society. That suggests their midlife transitions will send increasingly visible ripple effects through society.

Ripple Effects

Midlife women are turning old sex roles upside down. They are dating and having affairs with younger mates -- a luxury that used to be regarded as the exclusive province of men. And increasingly, they are enjoying vital, active sex lives over the age of 45.

A rising number of women are having extramarital affairs. In 1991, research showed married men cheated a lot more often, with about one in five admitting to having affairs, compared with one in 10 women. But a 3,000-person study from the National Opinion Research Center in 2002 suggests that the overall rate of extramarital cheating for women is rising rapidly and is approaching that of men, with nearly one in six married women saying they have had affairs.

The middle-aged group appears to be leading that trend. In a look at 1994 data from the National Opinion Research Center, Michael Wiederman found a spike in the rate of cheating reported by women ages 30 to 50, and lower rates among women born before the baby boom. Mr. Wiederman, an associate professor of psychology at Columbia College in South Carolina, believes that extramarital sex is simply easier and more acceptable to today's middle-aged women than it was in the past. "There's been a change in attitudes and mores. There are more women out there in the working world, and they have greater independence, which you need to have an affair."

The midlife search for meaning drives women into other pursuits. Many change careers to pursue work that is more altruistic or fulfilling. Others return to college to pursue a new interest. Part-time college enrollment among women 35 and over grew 10.5% in the past decade, nearly twice the overall rate of growth in part-time students, the National Center for Education Statistics says. Full-time enrollments among older women rose 31.3%, well above the 18.7% overall trendline.

Organized religion is drawing significant support from midlife women's quest for meaning. While the proportion of middle-aged men who attend church often has declined nearly 10 percentage points during the past decade to 38%, women ages 38 through 55 have held steady in church attendance.

Midlife women also are changing the face of sports and travel. Participation in such adventurous pursuits as wilderness camping, wall-climbing, kayaking and snow-shoeing has risen significantly since 1997 among women ages 38 through 55, according to a study by Leisure Trends Group, Boulder, Colo.

Looking Back

To capture a few complete stories of midlife crisis, viewed through the clarifying lens of hindsight, I sought out several older women in their late 50s, 60s and 70s who had experienced midlife crises a decade or more ago. I asked them how their midlife decisions had shaped their experience in old age, and what they would do differently if they could.

Without exception, the women who made big midlife changes said that if given the chance to do it all again, they would embrace new undertakings even more wholeheartedly. Every one of the women who entered fully into midlife crisis, taking risks and exploring new opportunities, was enthusiastically glad that she had. Their only regrets were in failing to start sooner or to take more chances.

At the least, each of these women reaped memories that sustained her for years. Carol Marians an Oregon artist and scientist, left her career as a math professor at age 43 to return to college as a Ph.D. candidate, then pursued a lifelong dream of re-creating the copper-red glazes of China's Sung dynasty. Her work with ceramics led her to make pioneering discoveries on the structure of certain mineral forms. That work is a bulwark of her sense of personal identity.

Now 64, Dr. Marians still revels in those memories. "Whenever I feel sad, I look back at that," she says.

Write to Sue Shellenbarger at
sue.shellenbarger@wsj.com

Sale temps pour les hommes

30 Oct 2009

Statistiquement correct ou statistiquement incorrect ? Comment utiliser les statistiques pour réinformer et utiliser les faits contre l'idéologie dominante ? (Deuxième partie)

Deuxième Journée d’études sur la réinformation, organisée le 24 octobre 2009 par la Fondation Polémia.

Communication de Jean-Yves Le Gallou, dont nous présentons ici la deuxième partie.



2/ Un exemple de réinformation : les faits et les statistiques contre le mythe de la « parité »

Sale temps pour les femmes : la Cour de cassation suivant la Cour européenne des droits de l’homme cherche à remettre en cause l’un des avantages des femmes le plus justifié qui soit : la possibilité pour les femmes de bénéficier de deux annuités supplémentaires de retraite par naissance d’un enfant.

Sale temps pour les hommes
: Anne Lauvergeon, patronne du groupe électro-nucléaire Aréva, déclare le 18 octobre 2009 à Deauville : « A compétence égale, eh bien, désolée, on choisira la femme, ou l’on choisira la personne venant d’autre chose que le mâle blanc, pour être clair ».

Le propos a été tenu dans le cadre du « Women’s Forum Global Meeting », organisation qui inscrit son action, comme la Cour européenne des droits de l’homme, dans « l’idéologie du genre ».

L’idéologie du genre nie les différences biologiques entre les hommes et les femmes. L’idéologie du genre refuse toute distinction et toute complémentarité de leurs rôles et de leurs fonctions. L’idéologie du genre poursuit un objectif égalitariste et fait de la lutte des sexes un succédané de la lutte des classes. L’idéologie du genre vise partout une illusoire « parité ».

La réalité dément l’idéologie du genre.


C‘est vrai qu’il y a plus d’hommes que de femmes chez Aréva ; c’est vrai qu’il y a beaucoup plus d’ingénieurs hommes que d’ingénieurs femmes à Aréva. Pour une raison simple : les écoles d’ingénieurs attirent davantage les hommes que les femmes et les hommes sont beaucoup plus nombreux que les femmes à y entrer.

A Polytechnique, pour le concours 2007 (voie 1), 86% des admis furent des hommes. Les mêmes écarts se retrouvent à Normale Sciences et dans la quasi-totalité des écoles d’ingénieurs. Ainsi c’est une très large majorité de garçons qui fréquentent l’EPF, l’école polytechnique… féminine. Or ces concours sont des concours objectifs.

Au demeurant ces résultats ne sont pas surprenants.

En mars 2007 la « direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance » du Ministère de l’éducation nationale (MEN) a publié une étude ainsi intitulée : « Filles et garçons à l’école sur le chemin de l’égalité ». Le titre de la brochure annonce la couleur : « idéologiquement conforme » mais le contenu de la brochure est radicalement différent. Deux faits ressortent :

- les filles sont, à tout âge, globalement meilleures élèves que les garçons : passage dans les classes supérieures, taux de réussite aux examens, études plus longues, meilleure maîtrise de la lecture, etc.

- il n’y a que deux domaines où les garçons dépassent les filles : à l’entrée au CE 2 comme à l’entrée en sixième, les garçons réussissent mieux que les filles aux items de mathématiques et, du cours préparatoire à la sixième, ils progressent davantage que ces dernières (alors que c’est l’inverse pour le français). Ce phénomène, qui est observé dans tous les pays d’Europe, constitue une base objective à l’orientation ultérieure d’un plus grand nombre de garçons vers les mathématiques. De même, s’agissant de l’obtention des mentions bien et très bien au baccalauréat les garçons réussissent mieux que les filles dans les séries pro et les séries technologiques. Là aussi cela constitue une base objective à leur orientation préférentielle vers ces filières. Evidemment cela ne va pas dans le sens de la « parité » chez Aréva.

Dans d’autres domaines ce sont d’ailleurs les filles qui écrasent les garçons : au prestigieux concours lettres de l’Ecole normale supérieure (ENS), à la session 2007, 75% des admis étaient des femmes ; en 2006, pour le premier concours de la magistrature, 82% de nos futurs juges étaient des magistrates.

Pour rester dans la thématique des grands concours, les hommes se rattrapent à l’Ecole nationale de ski et d’alpinisme en monopolisant la quasi-totalité des places de guides de haute montagne : 49 sur 50 dans la promotion 2009.

Malgré tout le discours égalitaire et « paritaire » les différences de goûts, de comportements, de choix, d’attitudes persistent entre les hommes et les femmes.

Les femmes réputées opprimées par l’idéologie dominante ne sont pas toujours les plus mal loties.

Jugez-en plutôt !

En France, l’espérance de vie des femmes (84,4 ans) dépasse de 7 ans celle des hommes (77,6 ans). Et les raisons de cette situation sont multiples.

Ainsi, les morts violentes ou accidentelles sont une fois et demie plus fréquentes chez les hommes que chez les femmes.

Selon l’INSERM, en 2001 les morts par « causes externes » (accidents, suicides, homicides et événements autres) s’élevaient à 16.714 pour les femmes et 24.352 pour les hommes, soit 46% de plus. Au risque de conforter ce que les bien-pensants appellent des « préjugés », les épidémiologistes de l’Office national d’information sur la sécurité routière (ONISR) observent « d’une manière générale, la part des femmes est d’autant plus minoritaire que les causes sont indépendantes des facteurs médicaux. Trivialement dit, plus les pratiques sont à risques, moins les femmes sont représentées et dans les accidents de la route elles sont plus de deux fois moins concernées que les hommes ».

Il y a d’ailleurs trois fois moins de femmes que d’hommes parmi les tués et les victimes graves d’accidents de la route. De 1970 à 2004 le nombre de morts sur les routes de France a été divisé par trois ; mais la part des femmes dans les tués sur les routes est restée stable, 27% en 1976, 24% en 2004 ; de plus, les femmes ne représentent que 23,3% des conducteurs responsables d’accidents et le risque d’être tué en tant que passager est plus élevé pour les femmes que pour les hommes. Malgré les lois antidiscriminatoires, les compagnies d’assurance en tirent les conséquences : les surprimes exigées des jeunes conducteurs sont (à juste titre) plus élevées que celles imposées aux jeunes conductrices.

Même la maladie n’a pas un pouvoir égalisateur des risques connus par les hommes et par les femmes. Ainsi une étude des cas de cancer enregistrés en France entre 1989 et 1997 a fait apparaître de fortes disparités des taux de survie : 44% à 5 ans pour les hommes, contre 63% pour les femmes.

Epidémiologiquement, cela s’explique ainsi, selon Le Monde du 28 février 2007 : « Devant un signe d’alerte, les femmes ont plus volontiers un comportement de prévention alors que les hommes consultent plus tardivement. Il semble également que, pour un même cancer, les femmes présentent des formes moins agressives que les hommes ». Les mêmes constats sont effectués dans l’ensemble des pays européens.

Le placement en détention concerne trente fois moins de femmes que d’hommes.

En 2006, selon le Quid, la population pénale française ne comportait que 3,7% de femmes. Difficile de croire – même en formulant l’hypothèse d’une plus grande indulgence relative des juges – que les hommes et les femmes n’ont pas un comportement radicalement différent au regard de la violence et du respect de la loi. Il est d’ailleurs intéressant de constater que dans ce domaine on s’éloigne de plus en plus de la parité puisque le pourcentage des femmes détenues par rapport au total des détenus a constamment baissé, passant de 20% entre 1855 et 1860 à 12% en 1912 et 5% en 1958.
Là aussi ce phénomène de sur-masculinisation de la population pénale n’est pas propre à la France, même si dans le pays à forte population carcérale par habitant, comme les Etats-Unis, le taux de féminisation est relativement plus élevé (7%).

Bref, dans beaucoup de domaines les femmes n’auraient rien à gagner à la « parité », d’ailleurs manifestement contre nature.

Voir :
Première partie :
http://www.polemia.com/article.php?id=2474
Troisième partie : http://www.polemia.com/article.php?id=2470

 

http://www.polemia.com/article.php?id=2472

http://www.euro-reconquista.com/

30 Oct 2009
Nous ne donnerons bien entendu aucune information sur les circonstances et le lieu de l’interview. Notre site contrairement à d’autres n’a pas vocation à copier des dépêches d’agence mais de montrer une réalité à partir d’articles, de pamphlets, d’analyses techniques ou juridiques ou de témoignages originaux.

Cette interview en fait partie, nous en garantissons l’authenticité. Elle montre l’analyse de la situation française en dehors des sourires diplomatiques par, ne nous leurrons pas, les principales chancelleries. Le propos est rude, probablement sera-t-il contesté par certains, mais il dépeint une réalité, la France est vue ainsi !!

Q : Pour des raisons de sécurité il n’est pas précisé la nation que vous représentez, pouvez malgré tout définir votre fonction même succinctement

J’ai un poste élevé dans les « forces de sécurité » de mon pays, et suis chargé plus particulièrement de missions de renseignement dans des pays européens.

Q ; Votre activité vous permet de connaître beaucoup de choses sur la situation française ?

Oui bien sur, car je reçois de nombreux rapports et analyses sur la situation en France, entre autres pays.

Q : Quelle vision globale a votre pays de la France ?

Je vais être très direct : la France est un pays qui n’a plus ni influence dans le monde, ni image de marque positive. A part peut-être quelques pays africains où des raisons historiques font que la France a quelque prestige, le sentiment général est que la France est un pays du passé.

Q : Comment sont perçues les vagues d’immigration et donc d’islamisation qui touchent la France

Très positivement, car elles affaiblissent la France et donc l’Europe, ce qui n’est pas pour nous déplaire. L’immigration massive de ce que l’on peut qualifier de « rebut » des pays africains (j’inclus l’Afrique du nord et l’Afrique « noire ») contribue a creuser le déficit budgétaire français d’une part (vous nourrissez ces gens, leur fournissez assistance médicale, juridique etc, cela se paye !), et crée d’autre part une classe d’immigrés, en général de religion musulmane, qui non seulement refuse de s’intégrer a votre culture, mais tente d’imposer la sienne et pis encore ne respecte pas vos valeurs. L’aide active d’une partie influente de vos responsables, sous le prétexte de politique sociale ou d’anti-racisme, renforce le sentiment de supériorité de ces immigrés. Et puisque la population française (je veux dire ce que vous appelez les français « de souche ») se contente de regarder passivement, tout contribue a faire qu’a court terme, la culture de ces immigrés prévale sur la vôtre. La France sera le premier pays musulman d’Europe, de plus avec une population musulmane qui n’est pas l’élite des musulmans (que l’on trouve en Arabie Saoudite ou a Dubai par exemple), mais le rebut des musulmans. Il suffit de voir ce qu’il se passe en France chaque jour où des bandes d’immigrés prennent le dessus sur les forces de police qui ont d’ailleurs – j’en ai les preuves – des instructions pour ne pas intervenir.

Q : La politique menée par le gouvernement français à l’égard de l’immigration est analysée comment par vos services ?

Je pense avoir répondu ci-dessus. Pour résumer, cette politique est très néfaste pour la France bien sur, mais positive pour nous. L’affaiblissement de la France, voire même sa probable débâcle, affaiblit globalement l’Europe. Une Europe faible nous avantage.

Q :Il y a régulièrement des émeutes et autres méfaits dans les banlieues, avez-vous des informations là-dessus ?

Bien entendu, j’ai même des sources au sein de vos « services » qui nous envoient des informations qui ne sont jamais publiées dans vos journaux. Je ne suis pas certain que vous vous rendiez compte de la situation : La France est en situation quasi-insurrectionnelle avec des bandes armées qui s’opposent aux forces de police qui ont des instructions pour ne pas intervenir. Je vous donne une information par exemple qui n’a bien sur jamais été ébruitée : En mars 2009 en intervenant dans en banlieue parisienne pour un incendie dans une cave, les pompiers ont découvert un considérable dépôt d’armes, il a été fait état d’une vingtaine d’AK 47, de plusieurs armes de poing et d’une grande quantité de munitions. Les pompiers ont été attaques par une véritable armée d’immigrés et se sont rapidement enfuis. Ils ont immédiatement fait un rapport par radio aux forces de police qui ont reçu l’instruction de ne PAS intervenir. La raison officielle était que « rien ne confirme en état l’information, et une opération de police dans cet environnement déclencherait des affrontements avec la population locale ». Je ne ferai aucun commentaire pour ne pas être désobligeant.

Q :Le 14 juillet dernier le gouvernement a censuré le nombre de voitures brûlées, avez-vous des informations sur la réalité des chiffres

Vous savez, les voitures brûlent, ce ne sont que des broutilles a côté de ce qu’il se passe. Vous avez eu un petit avant-goût a Poitiers ces dernières semaines de ce que peuvent être des émeutes. Ajoutez-y l’usage d’armes de guerre, ce qui est la prochaine étape, et vous verrez que les voitures brûlées ne sont que des amusements.

Q :Selon vos services, la situation sur le terrain est elle encore sous le contrôle du gouvernement français ?

Le gouvernement donne l’ordre de ne pas intervenir, donc peut-on interpréter ça comme un « contrôle » ?

Q :Quelle est votre analyse sur l’évolution à moyen terme du pays

Le moyen terme = 5/10 ans Je préfère parle de court terme : Maintenant / 3 ans

Des émeutes de plus en plus fréquentes se produiront, sous divers prétextes. Vos gauchistes vont s’allier aux immigrés pour descendre dans la rue et s’approprier par la force ce qu’ils sont incapables d’acquérir par le travail.

Il est probable que sporadiquement vos forces de police interviennent bien sur, mais avec des moyens très limités : Par exemple interdiction d’utiliser des armes. Ce qui amènera inévitablement leur débâcle. La seule solution pour rétablir l’ordre aujourd’hui serait des interventions massives avec non seulement un armement conséquent mais surtout une volonté de s’en servir.

Q :L’islamisation est elle inéducable ?

Elle est déjà faite.

Q :Pensez vous qu’une guerre civile est envisageable ?

Non : Pour une guerre civile il faut 2 camps. Il y a un camp disons « immigrés/gauchistes » et un camp « autres ». Le camp « autres » est tellement ramolli qu’il accepte tout de la part de l’autre camp. Il préfère fermer les yeux, veillant a son propre petit confort. Lorsque ce confort sera menacé, il sera bien trop tard pour réagir. Donc une guerre civile, non. Simplement le glissement de la France dans un gouffre non seulement économique (votre déficit public est l’un des plus importants au monde), mais surtout moral et idéologique.

Q :Les dirigeants actuels sont ils considérés comme crédibles ou font ils rire dans les chancelleries ?

Une plaisanterie au sujet de la politique de votre président est de dire que si les talonnettes lui permettent de s’élever en taille, elles ne peuvent hélas pas élever le niveau de sa politique. Plaisanterie stupide bien sur, mais... Sarkozy est un perpétuel agité qui n’a aucune vision globale pour la France. Par ailleurs ses frasques familiales correspondent plus a un pays d’Afrique. Passe encore qu’il ait épousé une call-girl, l’amour a ses raisons. Mais les mésaventures de son fils, franchement les bornes ont été franchies !

Q :Sarkozy est il fiable ou incompétent ?

Il est compétent pour favoriser la déchéance de la France.

Q : Que pensez-vous de l’institutionnalisation de l’islam de France par Nicolas Sarkozy ? Fallait-il dans un pays de tradition chrétienne et d’obédience laïque reconnaître cette religion et lui fournir une dimension nationale et un cadre légal ?

La question est difficile. Notre pays a une grande quantité de musulmans, bien que nous ne soyons pas « de tradition musulmane » bien sur. Laisser les musulmans, comme les autres, pratiquer leur religion, est un devoir. Mais pourquoi vouloir donner un « cadre légal » ? Contentez vous de faire en France avec l’islam ce que les pays islamiques font avec le catholicisme : Tolérance (au mieux) sans favoritisme. Si les musulmans savent qu’un pays est fort et n’est pas disposé a tolérer des écarts, il n’y a pas de problème a priori. N’oublions tout de même pas que la nature même de l’islam est de ne pas tolérer les non musulmans. A chaque gouvernement de prendre les dispositions pour être a même de réagir vigoureusement en cas de besoin.

Q :La multiplication des mosquées est elle une menace pour l’équilibre et l’avenir du pays ?

Non, au contraire, les mosquées sont faciles a surveiller. Infiltrez-les, sonorisez-les, et vous saurez en temps réel ce qu’il s’y dit.

Q : La politique de ce gouvernement, mais des prédécesseurs aussi, peut elle être qualifiée d’irresponsable dans ce domaine ?

Ne mélangeons pas immigration et religion, bien que vos immigrés soient musulmans.

La politique d’immigration a été totalement irresponsable et continue de l’être. A l’extrême rigueur on pourrait l’accepter, SI vous étiez capables d’imposer a vos immigrés le respect de vos lois et cultures. Ce qui est loin d’être le cas...

La politique sur l’islam n’a tout simplement pas de raison d’être. C’est comme si l’on faisait une politique pour par exemple « les cireurs de chaussures ». Il n’y en a pas besoin, les cireurs de chaussures doivent respecter les lois, il n’y a pas lieu de leur octroyer des avantages et dérogations. Idem pour les musulmans.

Q : A combien de millions de personnes estimez vous la présence immigré arabo-musulmane en France ?

Environ 15% de la population totale.

Q : A combien estimez vous le le flux migratoire annuel ?

Nous estimons qu’il entre en moyenne 1 a 2 millions d’immigrés par an en Europe, venant a 90% de pays musulmans. Où vont-ils ? France et Allemagne. En Angleterre bien sur mais ils sont arrêtés en France (Calais, je connais bien !), en Italie et Espagne car ce sont leurs points d’entrée en Europe mais la majorité n’y reste pas.

Q : Cette immigration constitue t’elle une substitution de la population de souche ?

Oui tout a fait, et il est certaines villes ou les immigrés sont majoritaires.

Q : Y a-t-il volonté par certains pays d’utiliser l’immigration comme cheval de Troie pour déstabiliser et islamiser la France ?

Vous me voyez gêné pour répondre a cette question et je pense que vous comprenez pourquoi. Disons qu’il est de l’intérêt de certains pays d’avoir une Europe faible, et donc une France faible. Pour cela, tous les moyens sont bons.

Q : Le gouvernement annonce des chiffres de la délinquance en légère augmentation, voire en baisse, est-ce la réalité ? Avez-vous des chiffres ?

Vous savez, les chiffres disent ce que l’on veut leur faire dire. Faites un test : Allez déposer plainte pour vous être fait voler votre portefeuille dans le métro de Paris. Sans doute la police vous dissuadera de le faire, disant que ca ne servira a rien. Donc les chiffres... La délinquance est en hausse bien sur, je peux vous dire que je me sens beaucoup moins en sécurité a Paris le soir que dans ma ville.

Q : Les services policiers et de renseignements français font-ils une analyse fine et réaliste de la situation ?

Vos services de renseignement ont une très bonne idée de la situation, mais l’autorité politique n’a aucune volonté de donner les ordres qui s’imposent. Bien sur certains réseaux terroristes dormants ont été démantelés en France ces dernières années, sur ce plan c’est du bon travail. Mais le pouvoir refuse de voir la liaison entre ce qu’ils appellent la « délinquance » et le « terrorisme ». Savez-vous par exemple que des journalistes russes ont prouvé il y a quelques années par un excellent travail d’enquête et d’infiltration, que les voyous immigrés de France finançaient les terrorismes de Tchétchénie par des « casses » de bijouterie en France ? Ces journalistes ont fait un superbe travail de renseignement, et leur reportage a été diffusé en Russie. Et en France ? Le bon travail de vos services de renseignement n’est pas exploité. Concernant la police, dans la mesure où les ordres du ministre sont de ne pas intervenir...

Q : A combien estimez vous les parties du territoire national sous contrôle des bandes ?

Je ne me suis jamais posé la question de cette manière car même 0.00001% est 0.00001% de trop. L’autorité de l’état doit s’exercer sur l’ensemble du territoire. Ceci est également valable pour la Corse, ou les bandes de voyous qui règnent doivent être traitées de la même manière que les bandes immigrées en territoire métropolitain.

Q : Pouvez vous évaluer en pourcentage l’extension de ces zones de droit chaque année ?

Non, mais il suffit de visiter Paris par exemple chaque année pour voir l’extension.

Q : Ces parties du territoire sont elles les plus islamisées ?

C’est évident.

Q :Des soulèvements armés visant à l’instauration de territoires autonomes musulmans comme le Kosovo sont ils du domaine du possible ?

A mon avis, non.

Q : Si oui quelles parties du territoire sont susceptibles de passer dès maintenant sous le contrôle de la charia ?

J’ai répondu « non » a la question précédente, mais je réponds que l’ensemble du territoire français passera sous la loi islamique dans les 10 ans a venir. Ceci se fera graduellement, par des modifications discrètes de vos codes (note : il fait allusion au "code pénal"). Ceci se fera aussi au niveau local, par exemple certaines municipalités ont déjà interdit la viande de porc dans les menus scolaires et des hôpitaux. Ceci est également une partie de la « charia ».

Q : Les possibilités d’attentats sanglants sur le territoire vont-elles en augmentant ?

Non pas en France car la France est considérée comme le premier pays musulman d‘Europe. Il y a bien entendu des réseaux terroristes musulmans en France mais leur action est plus de tenter d’attirer de nouveaux militants, que des opérations militaires. Quelques excités bien sur peuvent fomenter des attentats mais a titre très individuel, il ne s’agit la pas d’une « stratégie » islamique mais d’actions individuelles. Contrairement par exemple aux Etats-Unis, où il existe une véritable stratégie islamiste pour y tenter des actions terroristes.

Q :Les forces de sécurité française (police, armée) sont elles à même de rétablir l’ordre aujourd’hui ?

Non. La police est gangrenée par vos syndicats gauchistes et a une forte proportion de musulmans. Même si elle recevait l’ordre d’utiliser des armes pour rétablir l’ordre, elle ne le suivrait pas. L’armée, a part quelques unités d’élite, n’a aucune puissance. Pour aller traquer quelques pirates déguenillés au large, pas de problème. A part ça ? L’armée n’a de toute manière pas de formation pour intervenir en milieu urbain. A part quelques unités d’élite qui s’entraînent dans une ville reconstituée du côté d’Orléans... Mais en cas de crise intérieure grave, l’armée ne sera de toute manière pas envoyée pour rétablir l’ordre et quand bien même elle le serait, ce ne sont pas les quelques milliers d’hommes des unités d’élite qui suffiront.

Q : A l’intérieur de ces services des hommes sont ils prêts à agir pour palier les déficiences du pouvoir ?

Oui il y en a, mais plus le temps passe et plus ils se disent « pourquoi, pour qui ? » Face a un peuple qui se laisse déposséder de sa culture et de ses biens sans réagir, pourquoi vouloir intervenir ?

Q : Cette situation est elle irréversible ?

Oui, sauf prise de conscience rapide à laquelle je ne crois pas.

Q : Dans l’hypothèse négative, quelles forces politiques ou de la société seraient capables d’enrayer le désastre ?

Votre classe politique est uniforme, la seule question est « comment garder mon poste ? ». Tous sont d’accord pour le consensus. La seule solution pourrait être mise en place par des grandes sociétés qui décideraient de financer une prise de pouvoir, mais par qui ?

Q :Quand pensez-vous que les premiers troubles vont commencer s’il doit y en avoir, ou pensez vous qu’en fait la situation est déjà insurrectionnelle ?

Vous en êtes déjà là, ne le voyez vous pas ? Mais je pense plutôt que tout se passe silencieusement. Bien sûr des émeutes parfois, mais globalement tout se fait en silence. Pourquoi les voyous iraient-ils déclencher une émeute alors que leurs trafics marchent bien ?

Q : Le peuple français est il conscient de la gravité de la situation ?

C’est une plaisanterie, cette question ? Le peuple français a pour seul problème de savoir ou partir en vacances le vendredi soir jusqu’au lundi midi. Les français ne sont jamais contents, mais ne sont pas prêts a sacrifier leur week-end.

Q : Comment analyser la passivité de la majorité des français devant cette situation ?

Vos gouvernements successifs vous ont donné une mentalité d’assistés perpétuels. Vous pensez que le gouvernement vous doit tout et prendra soin de tout. Pourquoi alors réagir ?

Q : Le peuple français et sa civilisation peuvent ils disparaître ?

Le peuple français a déjà disparu, le métissage a fait son œuvre. La civilisation... Non elle ne disparaîtra pas, mais elle sera absorbée par l’islam. Peut être dans 50 a 100 ans y aura-t-il un retour ?

Q :Ira-t-on vers une radicalisation des esprits parmi la population française dite de souche ?

Peut être pour une infime minorité, qui sera alors impitoyablement traquée et mise « hors d’état de nuire » par votre gouvernement.

Q : Croyez-vous à l’avènement d’un mouvement de résistance patriotique ?

C’est possible, mais là encore pas certain d’être efficace. Lors de la seconde guerre mondiale, vous aviez une résistance efficace, mais actuellement le gouvernement a des moyens qui n’existaient pas a l’époque.

Q : Et toujours s’il existe peut-il compter sur une aide de puissances extérieures ?

Quel pays aujourd’hui aurait intérêt à une France forte ? Je n’en vois pas, à part les autres pays d’Europe qui sont eux aussi gangrénés. Peut être des grands groupes industriels pourraient-ils aider un mouvement de résistance en France, mais là encore je doute.

Q : Les dirigeants actuels sont ils capable de faire face à une situation insurrectionnelle, en ont-ils la volonté ?

J’ai déjà répondu je pense : Ni volonté, ni possibilité à moins peut-être d’autoriser d’ouvrir le feu dès le début des interventions, mais comme je le disais, votre police est gangrénée par des syndicats gauchistes et refuserait cet ordre.

Q :L’hypothèse d’une France en état de guerre civile ethnique est elle considérée comme très probable ?

Non. Pas de guerre ethnique, car les français auront capitulé sans livrer combat. Je terminerai avec une comparaison : L’Histoire est un éternel recommencement. En 1940 vous avez capitulé sans combattre ou presque devant l’ennemi nazi. Aujourd’hui la guerre n’a pas fait l’objet de déclaration officielle, mais est déjà engagée, et vous capitulez sans combattre.

Notre Etat Major a dessiné une carte d’Europe des 10 prochaines années, la France y est représentée avec un croissant. Le croissant islamique.

Merci pour cet entretien qui va certainement susciter des débats...



12 Messages de forum


Category: POLITIQUE

Katie Piper and other kind of victims

29 Oct 2009

Occidental women loves ethnic minorities ... so be it !

 

Vers des quotas de femmes dans les grandes sociétés françaises

28 Oct 2009

Vers des quotas de femmes dans les grandes sociétés françaises

Reuters

Le groupe UMP, majoritaire à l'Assemblée nationale, va proposer l'instauration d'un quota de femmes obligatoire dans les conseils d'administration des grandes entreprises, une idée accueillie avec tiédeur par le porte-parole du gouvernement. Cette proposition-surprise annoncée par le président du groupe UMP à l'Assemblée Jean-François Copé dans la presse a suscité des réserves du porte-parole du gouvernement Luc Chatel.

"Je vous annonce que nous, les députés UMP, avec Marie-Jo Zimmermann, allons déposer dans les prochains jours une proposition de loi prévoyant que 40 %, puis à terme 50 % des sièges aux conseils d'administration des grandes entreprises soient réservés à des femmes", dit Jean-François Copé dans le Journal du dimanche.

Le texte pourrait venir selon lui devant les députés au premier semestre de l'année prochaine. "La France s'honorerait d'être en pointe sur ce sujet, à l'égal de la Norvège", a déclaré le président du groupe UMP. Interrogé ensuite sur Radio J, Luc Chatel s'est dit plutôt favorable au principe des quotas mais a exprimé des réserves sur le dossier. "La loi, le quota, c'est pas forcément la meilleure solution. En même temps, on s'aperçoit que si on ne légifère pas, on a du mal à obtenir des résultats en la matière", a-t-il dit.

"S'il faut passer par la loi, nous passerons par la loi. En même temps il faut bien réfléchir au seuil, 40 %, 50 %. C'est un sujet très complexe et qui nécessite autre chose qu'une réponse brutale, ça nécessite un vrai débat", a-t-il ajouté.

RAPPORT OFFICIEL

Ce dossier fait suite à un rapport officiel sur le sujet remis en juillet dernier par un haut fonctionnaire, Brigitte Grésy, qui avait proposé cette idée d'un quota de 40 % en s'inspirant de l'expérience de certains pays comme la Norvège.

Elle avançait aussi l'idée d'une étape intermédiaire obligatoire à 20 %. La secrétaire d'État à la Famille Nadine Morano s'était alors dite favorable à l'instauration de quotas, mais c'était le seul membre du gouvernement à le faire explicitement. Des consultations devaient être menées en principe cet automne par le ministre du Travail Xavier Darcos.

Selon des études officielles, les conseils d'administration des grandes entreprises françaises cotées en Bourse comptent actuellement 9 % de femmes, en dessous de la moyenne européenne et très loin de pays en pointe sur le sujet comme les États scandinaves.

Une loi promulguée en juin 2000 par le gouvernement de gauche du socialiste Lionel Jospin, et alors combattue par la droite, avait introduit le principe des quotas de femmes dans la vie publique française, à propos des élections.

Elle a contraint les partis politiques, sous peine de sanctions financières, à présenter un nombre égal d'hommes et de femmes aux élections régionales, municipales (dans les communes de 3.500 habitants et plus), sénatoriales (dans les départements soumis au scrutin proportionnel) et européennes.

Cette loi, si elle a fait progresser la représentation féminine, n'a pas résolu le problème, les partis préférant payer que respecter totalement le texte, et la parité étant toujours loin d'être en oeuvre à l'Assemblée nationale (19 % de femmes) et au Sénat (22 %).

Suivez le guide

27 Oct 2009
Il faut quasiment détenir une maîtrise es art en « Langue de bois
progressiste » pour voir à travers les mensonges de la gauche québécoise.

Suivez le guide

Selon les chercheurs Sandy Baum et Eban Goodstein, « être un homme augmente
les chances d'être admis dans une proportion de 6,5 à 9 % » dans une
dizaine d'universités où les femmes sont historiquement plus nombreuses.

          Traduction : « puisqu’il y a désormais une « discrimination
positive » favorable aux hommes, il y a donc égalité : les mâles n’ont plus
de quoi se plaindre : qu’il se taisent, nous les femmes (traduction : nous
les fémi-sexistes) on est fatiguées de les entendre. »

          La réalité : Il y a 5 758 collèges et universités aux USA
<
http://www.aneki.com/universities.html>; ; la discrimination positivement
sexiste anti-mâle existe depuis 30 ans.
          Alors 10 universités depuis une année, c’est une sinistre
plaisanterie … féministe.

jusqu'à maintenant, cette tendance n'a pas incité les universités
québécoises à favoriser, comme aux États-Unis, l'admission d'étudiants
masculins.

          Traduction : « comme aux Etats-Unis » : comme les DIX (10
ou 0,17%) universités aux USA : voir « qu’ils se taisent » plus haut.

          La réalité : les universités québécoises n’ont AUCUNE
intention, mais AUCUNE, d’instaurer de mesure de discrimination positive
pro mâle dans même UNE université.

Seule McGill a envisagé de tenter de rééquilibrer la proportion
hommes-femmes dans certaines de ses facultés.

          Traduction : quelqu’un l’a mentionné dans une ou deux
réunions de faculté et une telle idée « réactionnaire » a été tout de suite
écrasée dans l’œuf.
          La « carrière » de celui qui a osé présenté une telle idée
réactionnaire est « à l’étude » … si vous voyez ce que je veux dire.

« Nous avons examiné la question, mais c'est toujours à l'étude, dit
Sylvain-Jacques Desjardins, directeur adjoint au service des affaires
universitaires.

     Traduction :
Pis cela va « rester à l’étude » sur les tablettes dans les caves profondes
de la bibliothèque longtemps en maudit :
« Hell will freeze over BEFORE we touch this with a ten feet pole. »

Nous voulions préserver une certaine diversité.

          Traduction : PAS question, mais pantoute, mais pas du tout
de remettre en question le monopole idéologique du fémi-sexisme sur la vie
de l’université.
          La diversité cela veut dire, en proportion équitable, des
lesbiennes séparatistes, des fémi-sexistes hétérosexuelles, des mâles
féministes émasculés, des communistes (tout genres sexuels confondus) des
marxistes, des socialistes, des « progressistes » de tous genres sexuées …
et autres paumés de gauche.

          On va quand même pas commencer à faire de la place aux
conservateurs, aux mâles hétérosexuels non réformés par le fémi-sexisme, et
surtout, surtout pas à des maudits masculinistes, haineux par définition.
          Eille! y’a des limites quand même.

Des recommandations ont été formulées par le sénat de l'Université, soit
notamment faire plus de promotion chez les hommes et modifier le processus
d'admission, mais ces mesures n'ont été suivies par aucune faculté.

Traduction : voir « Hell will freeze over » plus haut.

« La même chose se produirait chez nous, si on voulait faire ça, dit Nicole
Hamel, vice-rectrice adjointe à l'enseignement de l'Université de Montréal.
Mais le veut-on vraiment? De toute façon, nos mains sont liées. On ne
contrôle pas les admissions des différentes facultés. »
     
Traduction: “On va RIEN faire!! »

Dans les autres universités québécoises, on affirme ne pas observer de
mesures visant à attirer davantage d'étudiants masculins.

     Traduction : « Nous autres y tout. »

Les femmes sont de plus en plus nombreuses à l'université parce qu'elles
sont « généralement meilleures à l'école », souligne Pierre Doray,
sociologue et auteur de L'Évolution de la population étudiante à
l'université.

          Traduction : les femmes fonctionnent mieux dans le système
scolaire colonisé par le fémi-sexisme, de la garderie à l’université, et
fières de la discrimination et de l’idéologie anti mâle qui désormais y
règne … pour l’éternité.

« Dans les années 70, le système scolaire québécois s'est ouvert aux
femmes. Et elles ont pris leur place. Leurs aptitudes ont fait qu'elles
supportent mieux le système scolaire que les gars. En fin de compte, en
réussissant mieux au secondaire, elles sont devenues beaucoup plus
nombreuses au cégep et à l'université. »

          Traduction : les nègres mâles n’ont qu’eux mêmes à blâmer
de ne pas avoir la flexibilité et les aptitudes à s’adapter à leur rôle de
dominé et d’exploité sous le régime de la race des Seigneures féministes.

Les femmes demeurent tout de même moins nombreuses dans certaines
disciplines, comme les sciences pures et le génie, dit Pierre Doray.

          Traduction : puisque les femmes n’ont pas l’aptitude aux
sciences et à la technologie, cela est PREUVE qu’il faut encore plus de
discrimination CONTRE les maudits nègres mâles qui s’entêtent à être
meilleurs dans les secteurs qui exigent une réelle intelligence objective
et donc plus réfractaires à la Révolution culturelle fémi-sexiste.

Et à compétences égales, l'équité salariale n'est pas encore acquise dans
bien des sphères d'activité, ajoute-t-il.

          Traduction : il est INACCEPTABLE que les nègres mâles,
occupant des postes exigeant une réelle intelligence, ou des emplois sales,
durs, dangereux et mortels et qui travaillent plus fort et plus longtemps
que les femelles occupant des postes douillets, chauds, confortables ET
sécuritaires, que leur ouvre la discrimination positivement sexiste contre
les mâles plus compétents qu’elles, gagnent moins d’argent que les mâles.

          INACCEPTABLE!

La loi sous le fémi-sexisme est :     

« SALAIRE ÉGAL POUR TRAVAIL INÉGAL! »
« mais seulement si cela profite aux fémi-sexistes.

Gérard Levesque


Gérard Pierre LEVESQUE

« Delenda est Feminisma »

Courriel : levesque@m14.alpha-net.ne.jp

Voir :     
http://www.lapresrupture.qc.ca/frameGerardLevesque.html
     http://levesque-gerard-pierre.blog-city.com/blogtoolkit/index.cfm
     http://www.rulymob.com/french/index.htm

          -----Original Message-----
          
          Subject: Discrimination positive pour les hommes dans les
universités américaines
          Le samedi 16 juillet 2005
          Universités Américaines
          Les hommes favorisés
          Pascal Faucher <mailto:pfaucher@lapresse.ca>
          La Presse
          L'augmentation du nombre de femmes qui fréquentent
l'université a mené à la « discrimination positive » d'hommes dans certains
établissements américains, révèle une étude à paraître dans le magazine
Economics of Education Review.
          Selon les chercheurs Sandy Baum et Eban Goodstein, « être
un homme augmente les chances d'être admis dans une proportion de 6,5 à 9 %
» dans une dizaine d'universités où les femmes sont historiquement plus
nombreuses.
          
          Le phénomène inverse n'est pas observé dans les universités
américaines où les hommes prédominent.
Au Canada, les femmes sont plus nombreuses dans les universités depuis
1986. Elles forment aujourd'hui près de 60 % de la population étudiante
universitaire, indique Statistique Canada.
Ce taux est de 58 % au Québec. Et jusqu'à maintenant, cette tendance n'a
pas incité les universités québécoises à favoriser, comme aux États-Unis,
l'admission d'étudiants masculins.
Seule McGill a envisagé de tenter de rééquilibrer la proportion
hommes-femmes dans certaines de ses facultés. « Nous avons examiné la
question, mais c'est toujours à l'étude, dit Sylvain-Jacques Desjardins,
directeur adjoint au service des affaires universitaires. Nous voulions
préserver une certaine diversité. » Des recommandations ont été formulées
par le sénat de l'Université, soit notamment faire plus de promotion chez
les hommes et modifier le processus d'admission, mais ces mesures n'ont été
suivies par aucune faculté.
« La même chose se produirait chez nous, si on voulait faire ça, dit Nicole
Hamel, vice-rectrice adjointe à l'enseignement de l'Université de Montréal.
Mais le veut-on vraiment? De toute façon, nos mains sont liées. On ne
contrôle pas les admissions des différentes facultés. »

Dans les autres universités québécoises, on affirme ne pas observer de
mesures visant à attirer davantage d'étudiants masculins.

Les femmes sont de plus en plus nombreuses à l'université parce qu'elles
sont « généralement meilleures à l'école », souligne Pierre Doray,
sociologue et auteur de L'Évolution de la population étudiante à
l'université.

« Dans les années 70, le système scolaire québécois s'est ouvert aux
femmes. Et elles ont pris leur place. Leurs aptitudes ont fait qu'elles
supportent mieux le système scolaire que les gars. En fin de compte, en
réussissant mieux au secondaire, elles sont devenues beaucoup plus
nombreuses au cégep et à l'université. » Les femmes demeurent tout de même
moins nombreuses dans certaines disciplines, comme les sciences pures et le
génie, dit Pierre Doray. Et à compétences égales, l'équité salariale n'est
pas encore acquise dans bien des sphères d'activité, ajoute-t-il.

PROPORTION HOMMES-FEMMES

UQAM : femmes 62 %, hommes 38%

McGill : femmes 60 %, hommes 40%

Université de Montréal : femmes 59 %, hommes 41 %

Université Laval : femmes 58 %, hommes 42 %

Concordia : femmes 51 %, hommes 49 %
     
http://www.cyberpresse.ca/actualites/article/article_complet.php?path=/actu
alites/article/16/1,63,0,072005,1102927.php
          
          
          
          
          Le Mouvement Égalitariste (www.egalitariste.org) est
composé d'hommes, de femmes. La plupart sont des parents engagés envers
leur rôle et préoccupés par les difficultés qui se dressent devant eux.
Nous nous sommes donnés la mission de diffuser l'information qui favorise
la santé de l'institution familiale, la pierre angulaire d'une société
saine.

          Purple heart est devenu le symbole officiel de tous les
enfants séparés de leurs pères à travers le monde.